Dernière mise à jour : Janvier 2018
Rapports et statistiques

Actualités économiques

La BM accusée d’avoir modifié les indicateurs de Doing Business pour des motivations politiques

La BM accusée d’avoir modifié les indicateurs de Doing Business pour des motivations politiques

WASHINGTON- L’économiste en chef de la Banque Mondiale (BM), Paul Romer, a affirmé récemment que cette institution de Bretton Woods avait modifié injustement les indicateurs de son rapport annuel sur…
Renault s'offre 62% du marché algérien

Renault s'offre 62% du marché algérien

La progression de la percée du groupe Renault en Algérie a été en hausse de 11 points par rapport à l'exercice précédent, s’est félicité le groupe français aujourd’hui dans un…
Finances: le FRR a couvert 83 % du déficit du Trésor

Finances: le FRR a couvert 83 % du déficit du Trésor

Le Fonds de Régulation des Recettes (FRR) a couvert 83% du déficit du Trésor des neuf premiers mois de 2017, estimé à près de 946,2 milliards (mds) de DA, apprend-on…

Titre premier – L'édification de la société socialiste

 

I - L'Algérie : Un Peuple et une Nation

 

Le peuple algérien se rattache à la Partie arabe dont il est un élément indissociable.

 

L'Algérie est une Nation.

 

La Nation n'est pas un assemblage de peuples ou une mosaïque d'ethnies disparates.

 

La Nation, c'est le peuple lui-même pris en tant qu'entité historique et agissant consciemment dans la vie quotidienne et dans un cadre territorial bien défini en vue de réaliser avec tous les citoyens qui le composent, les tâches communes d'un destin solidaire et partager ensemble les mêmes épreuves et les mêmes espérances.

 

Toutes les tentatives du colonialisme de nier l'existence de la Nation algérienne pour mieux perpétuer sa domination, se sont heurtées à la résistance et à la vigueur de cette Nation plusieurs fois séculaire. C'est grâce au sacrifice d'un million et demi de martyrs que la Nation algérienne s'est fait reconnaître et consacrer dans le monde.

 

L'Algérie n'est pas une création récente. Déjà, sous Massinissa fondateur du premier Etat numide, et de Jugurtha, initiateur de la résistance à l'impérialisme romain, s'était dessiné le cadre géographique et commençant à se forger le caractère national qui devaient tous deux affirmer leur permanence à travers le développement historique  de l'Algérie durant plus de deux millénaires. A ces deux caractéristiques principales se sont ajoutés progressivement à partir du 7ème siècle, les autres éléments constitutifs de la Nation algérienne, à savoir son unité culturelle, linguistique et spirituelle, et la centralisation de son économie que sous-tendaient une rare volonté d'indépendance et un attachement indéfectible à la liberté.

 

En effet, dans la première moitié du 7ème siècle allaient intervenir des mutations historiques fondamentales marquant le passage du monde ancien au moyen-âge ; c'est précisément à ce carrefour de l'histoire que surgit une civilisation tout à fait nouvelle porteuse d'une éthique, d'une religion et d'une culture à vocation universelle. Objectivement, l'Islam et la culture arabe étaient un cadre à la fois universel et national, créateur de nouvelles formes de vie et de pensée, et une dynamique de libération au plan de la société et de l'économie. Désormais, c'est dans ce double cadre et en relation avec une civilisation efficiente se réalisant avec le concours de tous et englobant le sous-continent maghrébin et une grande partie de la Méditerranée et de l'Asie, que va se déterminer le choix de notre peuple et se dérouler son évolution.

 

Les moyens qui se sont succédés sur la terre algérienne depuis le moyen-âge, des Rostoumides à l'Emir Abdelkader en passant par la dynastie des Zirides - Hammadites et celle des Abdelwadites - Zyanides, ont consacré les acquis historiques du Maghreb central à travers ses valeurs musulmanes et sa spécificité nationale saillante, prolongeant ainsi et enrichissant les traditions du plus lointain passé. On peut affirmer que ces différentes périodes de notre Histoire ont constitué un creuset où se sont fondus intimement les brassages ethniques, les apparts de toutes sortes, comme les créations nouvelles du génie national, tout cela pour aboutir à une expression originale de la personnalité arabo-musulmane de notre peuple, et à une conscience claire de son espace géographique.

 

A partir du 16ème siècle, l'Algérie voyait son organisation étatique et administrative se renforcer. Sa vitalité et sa cohésion de toujours lui permirent, entre autres, de faire face aux agressions continuelles de l'Europe, et, à partir de 1830, d'opposer une très longue résistance à l'invasion coloniale française.

 

La survie de l'Algérie pendant toute la durée de la domination coloniale, et en dépit d'une politique de peuplement étranger intensif et d'oppression totalitaire, ne fut pas un miracle. Elle est bien le résultat de luttes incessantes qui aboutirent à la reconquête de la souveraineté nationale. La Révolution algérienne prolongeant la guerre de libération nationale de Novembre 1954, constitue, pour la Nation, un acquis majeur et un moment privilégié de son Histoire. En effet, la Nation algérienne, grâce à la révolution nécessaire au double plan de la modernité et du socialisme qui doit la prémunir à jamais contre le retour de tous les maux et de tous les périls du passé.

 

Ainsi s'éclaire l'apport historique de l'Algérie à la cause arabe contemporaine. Si, durant sa guerre d'indépendance, l'Algérie a tout naturellement bénéficié de la solidarité agissante des peuples arabes frères, c'est pour, finalement, contribuer, à son tour, grâce à l'issue victorieuse de son combat, au renforcement du potentiel stratégique des pays arabes et au progrès de leur lutte anti-impérialiste. En se construisant aujourd'hui dans le cadre de ses options socialistes, et en donnant, une fois de plus, la preuve de la maturité de son peuple et de ses capacités, l'Algérie a conscience d'apporter sa pleine contribution à l'œuvre d'émancipation du monde arabe, à sa transformation et à son renouveau.

 

II - L'Islam et la Révolution Socialiste

 

Le peuple algérien est un peuple musulman.

 

L'Islam est la religion de l'Etat.

 

Partie intégrante de notre personnalité historique, l'Islam se révéla comme l'un de ses remparts les plus puissants contre toutes les entreprises de dépersonnalisation. C'est dans un Islam militant, austère, mû par le sens de la justice et de l'égalité, que le peuple algérien s'est retranché aux pires heures de la domination coloniale et qu'il a puisé cette énergie morale, cette spiritualité qui l'ont préservé du désespoir et lui ont permis de vaincre.

 

Le déclin du monde musulman ne s'explique pas par des causes purement morales. D'autres facteurs de nature matérielle, économique et sociale tels que les invasions étrangères, les luttes intestines, la montée des despotismes, l'extension de l'oppression féodale et la disparition de certains circuits économiques mondiaux, y ont joué un rôle déterminant. Aussi, l'éclosion des superstitions et le foisonnement des mentalités passéistes ne doivent pas être considérés comme des causes mais plutôt comme des effets.

Concentrer ses attaques sur ces pratiques aberrantes et en négliger le conditionnement social, c'est tomber dans un moralisme inopérant. En fait, pour se régénérer, le monde musulman n'a qu'une issue ; dépasser le réformisme et s'engager dans la voie de la révolution sociale.

 

La révolution entre bien dans la perspective historique de l'Islam. L'Islam, dans son esprit bien compris, n'est lié à aucun intérêt particulier, à aucun clergé spécifique, ni à aucun pouvoir temporel. Ni le féodalisme ni le capitalisme ne peuvent le revendiquer ou s'en prévaloir. L'Islam a apporté au monde une conception très élevée de la dignité humaine qui condamne le racisme, le chauvinisme, l'exploitation de l'homme par l'homme. Son égalitarisme foncier peut trouver une expression adaptée à chaque époque.

 

Il appartient donc aux peuples musulmans dont le destin, aujourd'hui, se confond avec celui du Tiers-Monde, de prendre conscience des acquis positifs de leur patrimoine culturel et spirituel, de le réassimiler à la lumière des valeurs et des mutations de la vie contemporaine. C'est dire que toute entreprise qui se fixe, aujourd'hui, pour objectif une reconstruction de la

pensée musulmane, doit, pour être crédible, renvoyer obligatoirement à une entreprise beaucoup plus vaste : la refonte totale de la société.

 

A notre époque de transformation sociales décisives, les peuples musulmans sont appelés à secouer les jougs anachroniques du féodalisme, du despostisme, de l'obscurantisme sous toutes ses formes.

 

Les peuples musulmans réaliseront, de plus en plus, que c'est en renforçant leur lutte contre l'impérialisme et en s'engageant résolument dans la voie du socialisme, qu'ils répondront le mieux aux impératifs de leur foi, et qu'ils mettront l'action en accord avec les principes.

 

III - Trois objectifs historiques

 

Le socialisme, en Algérie, se propose essentiellement un triple objectif: 1) La consolidation de l'indépendance nationale;

 

2) L'instauration d'une société affranchie de l'exploitation de l'homme par l'homme;

 

3) La promotion de l'homme et son libre épanouissement.

 

Ces trois objectifs sont indissociables et interdépendants. Ils s'inscrivent dans une même dynamique du développement historique. La consolidation de l'indépendance nationale et l'épanouissement de l'homme ressortissent au contenu de la Révolution démocratique Populaire mais ne recevront leur plein effet que par l'édification de la société socialiste.

 

Il s'agit de consolider, d'abord, l'indépendance nationale en liquidant toutes les formes d'influence impérialiste ou néocolonialiste et en affrontant résolument la tâche historique du développement sans laquelle il ne saurait y avoir, à notre époque, ni de progrès économique ni de nation vraiment viable.

 

Mais pour être rationnel et harmonieux, le développement doit être considéré comme un tout et fondé sur l’adhésion des masses et à leur service. Ceci suppose une conception radicale de la démocratie, qui, dépassant les formes connues de la démocratie bourgeoise, doit s'identifier avec la démocratie socialiste.

 

Cependant, si le socialisme fait l'homme, c'est encore l'homme qui fait le socialisme. D'ailleurs, l'homme nouveau postulé par le socialisme ne surgira pas mécaniquement. Ce n'est pas là une simple profession de foi humaniste, mais une mise en garde contre les schématisations sommaires et les attitudes d'esprit mécanistes si fréquentes dans les sociétés retardées. Un accent particulier sera donc mis sur l'homme, sur l'initiative individuelle, et l'esprit créateur de chacun c'est là une tâche éminente de la Révolution Démocratique Populaire qui, loin d'être dépassée à l'étape de la construction du socialisme, en constituera l'une des pierres angulaires.

 

IV - Le Socialisme apporte une réponse cohérente aux problèmes de notre temps

 

Le socialisme est un produit de l'évolution moderne. Si des théories sociales ont existé à toutes les époques, reflétant souvent d'une manière utopique, les aspirations de l'humanité, à un nouvel âge d'or, il a fallu attendre l'expansion des forces productives du capitalisme au milieu du 19ème siècle pour voir l'idée socialiste se cristalliser en tant que tendance historique du devenir social.

 

La supériorité du socialisme sur les systèmes sociaux antérieurs réside dans le fait qu'il allie aux acquisitions les plus avancées de la science et de la technique moderne, les principes d'une organisation sociale plus rationnelle, plus juste et plus humaine.

 

Quels qu'aient été  ses mérites à l'étape de son expansion, le capitalisme est resté fondamentalement lié à une entreprise d'exploitation de l'homme par l'homme jusque-là inconnue dans l'Histoire. Fondé sur l'unique loi du profit, le capitalisme a transformé l'homme en marchandise, fait de l'artisan et du paysan des prolétaires, réduit des continents entiers à la misère et au sous-développement.

 

Né par contre-coup du capitalisme et de son incapacité à résoudre les problèmes sans cesse croissants qu'il a engendrés, le socialisme apporte une réponse cohérente aux questions brûlantes de notre époque. Déjà, le triomphe du socialisme en de nombreux pays, a non seulement bouleversé le dessin de centaines de millions d'hommes, mais créé une situation internationale nouvelle caractérisée par le renforcement du mouvement anti-impérialiste, l'essor des luttes de libération nationale, et l'extension universelle de l'idéologie socialiste.

 

Le socialisme, en Algérie, ne procède d'aucune métaphysique matérialiste et ne se rattache à aucune conception dogmatique étrangère à notre génie national. Son édification s'identifie avec l'épanouissement des valeurs islamiques qui sont un élément constitutif fondamental de la personnalité du peuple algérien.

 

Le socialisme, en Algérie, traduit les aspirations profondes du peuples travailleur et s'enrichit des apports de l'expérience socialiste mondiale. Son approche des problèmes de notre société et de notre développement s'inspire de l'esprit scientifique, et participe à la promotion de l'humanité vers le progrès. Fondé sur la science et sur le rejet de l'exploitation de l'homme par l'homme, il donne une primauté élevée à la spiritualité de l'homme, dans le respect de la liberté de pensée et de la liberté de conscience consacrées par la Charte nationale.

 

Le socialisme n'est pas une religion, c'est une arme théorique et stratégique qui tient compte de la réalité de chaque peuple et implique par-là même, le rejet de tout dogmatisme.

 

V - En Algérie, le socialisme est un processus sous-jacent au mouvement de libération nationale

 

Une Révolution authentique est une révolution qui réussit à rattacher le passé au présent tout en l'axant sur l'avenir, à intégrer les acquis les plus valables, les plus progressistes du patrimoine historique, culturel et spirituel aux idéaux du socialisme. Il ne s'agit pas là d'une simple juxtaposition de concepts hétérogènes mais d'une démarche vivante liée au processus révolutionnaire. C'est seulement dans la lutte révolutionnaire que peuvent être dépassées les contradictions de l'ancienne société, et que sera transcendé le confit de la conscience traditionnelle et de la modernité.

 

La Révolution du 1er novembre 1954 constitue, à cet égard une illustration d'une portée inestimable. La guerre de libération nationale s'est transformée en une grande Révolution - La Révolution Démocratique Populaire - et celle-ci, peu à peu, en un processus socialiste d'une grande envergure. Cette progression historique ininterrompue a révélé le caractère créateur de l'action des masses. La lutte du Front de Libération Nationale (F.L.N.) et de la glorieuse Armée de Libération Nationale (A.L.N.) a été le creuset où s'est forgée l'Algérie nouvelle, une Algérie indépendante, progressiste, résolument engagée dans la voie socialiste. Ces différentes composantes n'ont pas été surajoutées après coup, mais participent dans leur unité profonde, d'un même développement organique.

 

Le socialisme, en Algérie, n'est ni une option arbitraire, ni un système importé qu'on aurait plaqué de l'extérieur sur le corps inerte de la Nation, mais un processus vivant qui plonge ses racines dans la lutte de libération nationale, un processus intimement lié à la Nation renaissante et à son devenir.

 

Libération nationale et libération sociale, sont, à notre époque, fondamentalement solidaires. La mise en cause radicale du colonialisme débouche sur une mise en cause du capitalisme. La prise de conscience, au niveau des masse, que les deux systèmes sont étroitement liés et que l'un n'est que la projection périphérique de l'autre, créé les conditions d'un approfondissement de la conscience nationale en conscience socialiste.

 

La colonisation, en Algérie, du fait même de son caractère de peuplement, à revêtu une forme d'opposition extrême confinant au génocide. C'est ainsi qu'elle s'est soldée par la destruction de l'Etat, la ruine des anciennes structures socio-économiques, l'élimination des couches dirigeantes traditionnelles et des éléments éclairés de la population, l'expropriation du peuple, son refoulement systématique et son déracinement.

 

Dans une société profondément nivelée par l'oppression coloniale, où la classe dominante est incarnée non par la bourgeoisie nationale maintenue à l'état embryonnaire, mais par une bourgeoisie étrangère toute puissante, le mouvement national prend d'emblée une dimension sociale insoupçonnée. De simple transfert de souveraineté, l'indépendance devient synonyme d'une refonte totale de la société.

 

En Algérie, les idées d'émancipation sociale commencèrent à mûrir dans la conscience populaire dès les premières années de la guerre d'indépendance. des mots d'ordre tels que «la terre à ceux qui la travaillent», «l'indépendance ne saurait être qu'un drapeau», émergèrent rapidement des champ de bataille. Supportant tout le poids de la lutte, les masses populaires - paysans, artisans, travailleurs, petits commerçants, étudiants... - imposèrent immédiatement leur marque au Front de libération Nationale (FLN) et à l'Armée de Libération Nationale (ALN). Les transformations politiques et sociales qui se produisirent durant les années de guerre, de reçurent certes pas une formulation idéologique très claire.

Mais tel était leur poids, qu'il sera de moins en moins possible d'en ignorer l'impact politique et idéologique.

 

L'effondrement complet des structures économiques de la colonialisation et l'exode massif de la minorité coloniale furent l'occasion pour les masses d'exprimer concrètement leurs aspirations sociales. C'est ainsi que le secteur socialiste vit le jour, et que la propriété privée des moyens de production accusa son premier recul.

 

Le pouvoir révolutionnaire issu du mouvement du 19 juin 1965, reprenant et précisant les revendications fondamentales des masses, fit faire à la Nation un bond décisif en accélérant la décolonisation économique et en procédant à la mise en place de puissantes structures socialistes. La nationalisation méthodique des terres, des mines, des hydrocarbures, du commerce extérieur, des banques, des sociétés d'assurances des transports, des biens vacants immobiliers et de toutes les firmes étrangères, mit entre les mains de la nation tous les leviers de commande économiques. Chaque victoire sur le néo-colonialisme fut une victoire dans la voie de la consolidation de l'indépendance nationale, une victoire pour le socialisme.

En 1972, la mise en œuvre de la Révolution agraire devait approfondir et confirmer cette orientation.

 

VI - Le socialisme et le tiers-monde

 

Le socialisme se révèle comme un processus sous-jacent au processus de libération nationale. Il comporte un caractère de nécessité interne qui favorise sa progression dans les esprits et lui confère sa marque authentique. C'est de cette adhérence au moi national que le socialisme tire le secret de sa vitalité dans le Tiers-monde.

 

Tous les pays qui luttent pour une indépendance réelle s'engagent dans une dialectique socialiste. On a parfois baptisé « voie non capitaliste » un tel phénomène. Cette thèses est incapable de rendre compte des développements réels de la pratique sociale dans nos pays.

 

Dès lors qu'un pays lutte pour l'indépendance réelle, qu'il décide d'abolir la propriété privée des moyens de production et qu'il se prononce dans les faits pour la fin de l'exploitation de l'homme par l'homme, il s'engage dans une voie socialiste. Ne pas le reconnaître, c'est privilégier le dogme sur la réalité et nier la dynamique profonde du processus révolutionnaire à notre époque. C'est là une démarche inédite, qui reflète exactement la situation des pays du Tiers-monde, le niveau de leurs forces productives et leur position dans l'économie mondiale.

 

Le capitalisme a pris dans nos pays son visage le plus hideux : celui du colonialisme, du néo-colonialisme et de l'impérialisme. Dès lors, le socialisme n'y pouvait avoir un sens qu'en étant, d'abord, l'expression de la lutte du peuple tout entier contre les monopoles étrangers et leurs suppôts autochtones.

 

En d'autres termes, le socialisme, dans les pays nouvellement indépendants, ne saurait obéi aux mêmes conditions que dans les pays industrialisés où existe une importance classe ouvrière que ne connaît d'autre oppression que celle de sa propre classe capitaliste.

 

Ne pas tenir compte d'un tel postulat reviendrait à limiter considérablement la portée du socialisme, à le figer dans sa démarche, à la réduire à un modèle unique et obligatoire. Cette attitude unilatérale aboutirait, en fait, à dénaturer le socialisme en le détachant de son

substrat national.

 

Le socialisme est devenu le patrimoine de l'humanité entière. C'est à un socialisme mûri et développé de l'intérieur, un socialisme vivant, créateur, en lequel les peuples se reconnaissent pleinement, que tend, de plus en plus, le processus historique. Cela n'implique nullement un recul sur le plan de la rigueur, mais constitue une preuve nouvelle de la vitalité du socialisme et de son université.

 

Dans les pays nouvellement indépendants, le prolétariat n'existe, généralement, qu'à l'état embryonnaire; souvent, sa conscience de classe retarde et il n'est pas toujours la couche social la plus opprimée.

Bien plus, dans les pays qui ont connu une colonisation de peuplement cette situation se trouve aggravée par le fait que les travailleurs autochtones étaient relégués dans une condition de sous-prolétaires, les emplois existants étant, en priorité, réservés aux ressortissants de la puissance coloniale.

 

Produit du capital colonial ou néo-colonial, beaucoup plus que d'un capital national clairsemé ou inexistant, le prolétariat, dans nos pays, n'occupe, en tout état de cause, qu'une place mineure, les monopoles impérialistes ayant consacré toute leur énergie non pas à industrialiste le Tiers-monde, mais à pilier ses ressources et à tirer le plus de profits d'une main-d’œuvre abondante et à bon marché.

 

L'exploitation capitaliste a ainsi entraîné non pas la formation d'une classe ouvrière relativement importante, mais la paupérisation accélérée des masses paysannes, la ruine de leur économie traditionnelle, sans que leur soit fourni, pour autant, l'exutoire de l'industrialisation.

 

L'essor du capitalisme moderne s'est réalisé au déterminent du Tiers-monde. Si, dans les pays capitalistes, le capital a engendré la classe ouvrière, il a, dans le reste du monde, engendré le sous-développement.

 

Le sous-développement n'est pas un état naturel, spontané, l'absence de développement, mais la marque d'une longue exploitation capitaliste sous sa forme la plus inhumaine et la plus dégradante. Même quand elles conservent leur façade traditionnelle, les sociétés passées sous la griffe des monopoles capitalistes perdent leur cohésion interne et s'affadissent. Leur culture, leurs institutions, leur religion même, sont polluées et comme faussées par l'action dissolvante du capitalisme. Archaïques, elles voient leur archaïsme s'aggraver. Telle est, dans le Tiers-monde, la loi du capitalisme international qui ne laisse de choix, en définitive, qu'entre la révolution et la déchéance historique.

 

Dans les pays en voie de développement, le socialisme puisse sa dynamique profonde dans la lutte contre l'impérialisme sous toutes ses formes. Cette lutte s'étend nécessairement à l'élimination du capitalisme national qui est condamné à n'être, réellement ou potentiellement, qu'un appendice du capitalisme mondial.

 

C'est un fait que, dans les pays en voie de développement, les forces socialistes ne sont pas toujours dirigées par un prolétariat encore peu nombreux, mais par une avant-garde formée de l'ensemble des patriotes révolutionnaires parmi lesquels les travailleurs assument un rôle grandissant. Dans l'étape actuelle que traverse le Tiers-monde, ce n'est pas le prolétariat - numériquement faible ou pratiquement inexistant – qui institue le socialisme, c'est l'édification de la nation, son industrialisation et sa modernisation, qui assure l'émergence du prolétariat.

Cependant, à la différence de ce qui se produit dans la société capitaliste, un tel prolétariat est marqué, dès sa naissance, du sceau de la liberté et intégré d'emblée, dans une société qui lui ouvre de larges perspectives dans la direction des affaires de la collectivité. Cela ne veut pas dire que ce prolétariat en formation doit rester passif ni que sa promotion est acquise d'avance; tout au contraire, son rôle et ses responsabilités s'accroîtront au fur et à mesure que l'édification du socialisme avance, que bataille de la production s'intensifie et que l'indépendance nationale se consolide.

 

La faiblesse ou l'inexistence d'un prolétariat moderne n'est ni un obstacle insurmontable pour la construction du socialisme, ni un argument sérieux pour son ajournement. De même qu'ils n'ont pas attendu que la prolétariat prenne le pouvoir dans les métropoles pour engager la lutte pour l'indépendance, les anciens pays colonialisés ne peuvent attendre, aujourd'hui, l'avènement d'un prolétariat autochtone pour entamer leur développement socialiste.

 

Les pays du Tiers-monde évoluent vers le socialisme en s'appuyant sur la masse des paysans pauvres, les travailleurs des villes, les cadres nationaux révolutionnaires. Ces derniers, formés de patriotes conséquents ayant fait leurs preuves dans les luttes anti-colonialistes et anti-impérialistes de leur peuple, se recrutent dans les milieux les plus divers ; militants politiques, syndicalistes, militaires, intellectuels... Ils jouent un rôle d'avant-garde dans la lutte révolutionnaire pour le triomphe de l'indépendance nationale et les  idéaux du socialisme.

 

L'avènement des peuples du Tiers-monde sur la scène historique bouleverse certaines conceptions qui avaient cours jusque là, et renouvelle profondément la problématique socialiste. Cela ne signifie pas qu'il faille verser dans un « tiers-mondisme » inconsistant qui, prétendant tout puiser dans sa propre substance reviendrait à tourner le dos aux acquisitions révolutionnaires les plus marquantes de notre époque. Ce dont les peuples du Tiers-monde ont le plus besoin, c'est d'une pensée révolutionnaire qui les rende à eux-mêmes, qui les pousse vers plus de conscience, de créativité, une pensée qui désaliène et non une pensée qui substitue une aliénation à une autre.

 

Dans les conditions des pays nouvellement indépendants, le socialisme n'est pas extérieur à la nation; il s'édifie en même temps qu'elle, il s'identifie avec son développement organique. L'avenir de la Révolution socialiste sans le Tiers-monde, sera de plus en plus fonction d'une pensée nationale créatrice qui se transforme d'une manière dialectique en pensée socialiste. Ainsi, toute Révolution, pour être socialiste, doit être d'abord nationale, tout comme toute Révolution nationale conséquente doit nécessairement, déboucher sur le socialisme

 

VII - De la révolution démocratique populaire a l'édification du socialisme

 

Le socialisme, en Algérie, est un approfondissement de la Révolution du 1er novembre 1954, son aboutissement logique.

 

La guerre de libération nationale contre le joug étranger s'est transformée en Révolution Démocratique populaire. La Révolution Démocratique Populaire comporte un triple contenu : anti-impérialiste, anti féodal et un contenu populaire.

 

Le contenu anti-impérialiste a trait à la liquidation du colonialisme, du néo-colonialisme et de l'impérialisme, à la promotion d'une indépendance réelle dans ses différentes composantes politique, économique, diplomatique, militaire.

 

Le contenu anti-féodal ou démocratique, concerne la liquidation des structures précapitalistes dans ce qu'elles ont d'archaïque, de périmé et de réactionnaire. Il s'agit, notamment, des structures tribales, patriarcales, semi-féodales, du style de vie qu'elles perpétuent, des mentalités qu'elles sous-tendent. La Révolution a non seulement pour tâche de liquider toutes ces survivances archaïques mais d'en prévenir le retour. Fondamentalement, il s'agit de faire de l'homme algérien, le citoyen conscient d'une nation moderne.

 

Le contenu populaire de la Révolution Démocratique se résume dans la devise : «par le peuple et pour le peuple ». Par «peuple», il faut entendre les masses populaires, et non une couche sociale privilégiée qui s'emparerait du pouvoir pour imposer sa domination.

 

Les Révolutions Démocratiques bourgeoise qu'à connues l'Europe à partir du XVIIIème siècle, ont remplacé la monarchie féodale, par le pouvoir de la bourgeoisie. A notre époque, et plus particulièrement dans le Tiers-monde, les Révolutions Démocratiques sont le fait des masses populaires beaucoup plus que de la bourgeoisie. Cette dernière, du fait de l'exiguïté de son assise sociale et de sa dépendance vis-à-vis de l'impérialisme, se révèle généralement incapable de promouvoir jusqu'au bout une véritable politique de développement et d'indépendance nationale. Ce phénomène est particulièrement sensible en Algérie : ce sont les masses qui ont pris la tête du mouvement de libération nationale, et c'est aux masses, qu'en toute logique, est revenue la tâche historique de la Révolution Démocratique.

 

En Algérie, la Révolution Démocratique Populaire a enregistré des succès décisifs. L'œuvre de restauration nationale peut être considérée, aujourd'hui comme pratiquement achevée : un Etat souverain et organisé, maître de ses destinées; un territoire débarrassé de toute occupation étrangère; une économie décolonisée et en plein développement : un peuple libre qui marche dans la voie du progrès.

 

Le moment est donc venu de définir les tâches qualitativement nouvelles qui s'imposent à la Révolution et conditionnent le succès de l'édification socialiste.

 

Cela implique l'approfondissement de l'orientation populaire et sa structuration au moyen de critère précis, la consolidation des acquis du socialisme, leur organisation et leur extension dans le cadre de principes et d'institutions qui en rendront le caractère irréversible. Il s'agit, en un mot, de donner au socialisme dans notre pays, son contenu théorique et pratique adéquat et c'est là l'objet de la Charte Nationale.

 

Quand la phase socialiste a-t-elle commencé ? Il serait malaisé d'avance une date précise; le processus socialiste ne se présente pas d'emblée d'une façon homogène, mais par bonds successifs, poussant des pointes dans telle direction plutôt que dans telle autre. Si les terres de la colonialisation on pu être récupérées par les travailleurs de la terre au lendemain de l'indépendance, c'est à partir de 1966 que les bases matérielles du socialisme ont commencé à être posées avec la nationalisation des mines, du secteur bancaire et des assurances; ces bases devaient ensuite, de plus en plus, s'élargir grâce à la reprise en main du commerce extérieur et des transports, à la récupération méthodique des autres richesses nationales  - qui a culminé dans la bataille du pétrole en 1971 - et à la mise en train d'un vaste programme d'industrialisation conçu dans une perspective socialiste.

 

c'est cependant en 1972, avec l'entrée en vigueur de la Révolution agraire et la Gestion Socialiste des Entreprises, que le processus d'édification socialiste a, véritablement, franchi son cap décisif.

 

L'expérience de la dernière décennie montre à l'évidence que, dans notre Révolution, le contenu démocratique national et le contenu socialiste sont indissolublement liés et que l'un n'est que l'approfondissement continu de l'autre.

 

Il est devenu aujourd'hui impossible de séparer ce qui relève de l'édification nationale et ce qui relève de l'édification socialiste. Ces deux concepts coïncident plus que jamais. Il n'y a pas d'un coté les tâches d'édification nationale et de l'autre, suspendu dans le vide, l'option socialiste.

 

La phase historique en cours peut être caractérisée comme une phase de consolidation stratégique du socialisme dont elle doit préparer le triomphe définitif. L'assimiler d'ores et déjà à un tel triomphe, serait trop idéaliser la réalité et faire le jeu d'un aventurisme inconscient; la réduire une simple étape démocratique serait sous-estimer l'avance du socialisme dans notre pays et rester en retrait du développement historique.

 

VIII - Principes fondamentaux de l'édification du socialisme

 

1. - Abolition de l'exploitation de l'homme à l'homme

 

Ce principe est réalisé par la socialisation des moyens de production.

Cela pose le problème de la propriété privée et de sa fonction sociale.

En Algérie, la propriété privée ne doit pas être une source de puissance sociale. Elle ne doit pas constituer la base de rapports d'exploitation entre le propriétaire privé et les travailleurs. Elle peut seulement s'exercer dans les limites où elle ne porte aucun préjudice aux intérêts des masses laborieuses et ne constitue ni un frein ni un obstacle à l'évolution inexorable de notre société vers le socialisme. L'essentiel est que l'intérêt privé ne l'emporte pas sur l'intérêt collectif, que la propriété privée s'insère dans le processus de développement, qu'elle serve l'individu sans porter atteinte aux fondements de la société nouvelle.

Il existe deux sortes de propriétés privées : la propriété exploiteuse et la propriété non exploiteuse.

La propriété exploiteuse est celle où la détention d'un capital - entreprise agricole, industriel, commerciale ou de service – permet d'exploiter le travail d'autrui et d'en tirer un profit qui enrichi le propriétaire au détriment du travailleur.

La propriété privée non exploiteuse concerne les biens dont l'individu peut disposer pour son travail, pour son logement, pour sa culture, sa santé, ses loisirs et, d'une manière générale, pour son usage personnel et familial.

 

A- Le socialisme reconnaît la propriété non exploiteuse et l'intègre dans la nouvelle organisation sociale.

En Algérie, la nation de propriété non exploiteuse ne revêt pas un contenu formel, mais un contenu réaliste.

 

Outre les biens d'usage personnel ou familial, elle comprend les petits moyens de production ou de services qui peuvent être exploités soit à titre individuel soit à l'aide d'une main-d’œuvre restreinte.

 

Ainsi définie, la propriété non exploiteuse permettra, même au stade le plus avancé de la société, le maintien de tout un éventail d’activités socialement utiles telles que :

 

  • L'artisanat de production ou de service;
  • Le commerce de détail;
  • La petite propriété du paysan ou de l'éleveur;
  • L'unité du petit fabricant ou du petit entrepreneur de travaux, ect...

 

Le maintien de ces activités n'obéit pas à un choix conjoncturel mais à un choix idéologique.

 

B - L'existence d'un secteur privé national n'est pas contradictoire avec l'étape historique actuelle où le secteur socialiste occupe une place prédominance.

Il convient, cependant, de faire la distinction entre le secteur privé qui joue un rôle utile pour l'économie du pays sans porter atteinte a l'édification socialiste, et le secteur privé parasitaire ou compradore qui constitue un danger non seulement pour le socialisme mais pour tout développement économique indépendant.

 

a) Le secteur parasitaire ou compradore doit être combattu et élimine sans réserve.

Ce secteur, dont la place dans la production est quasi-nulle, se défini essentiellement par sa liaison avec les firmes néocolonialistes et les monopoles capitalistes étrangers auxquels il sert d'intermédiaire ou de paravent.

 

b) Il existe dans l'industrie, le bâtiment, le tourisme, ect..., un secteur privé détenu par les nationaux. Les entreprises de ce secteur sont garanties dans le cadre de la loi.

 

Dans le domaine de l'industrie, l'intervention du secteur privé national est à restreindre aux activités qui relèvent de la petite entreprise et qui portent sur le dernier stade de la transformation industrielle. Ces activités doivent se situer en aval des productions sortant des usines de l'Etat, notamment lorsqu'il s'agit de fabriquer, à petite échelle, certain objets de consommation courante. Les approvisionnements du secteur privé, particulièrement en ce qui concerne les produits provenant de l'extérieur, doivent être assurés par les entreprises nationales. L'obligation de passer par les entreprises nationales pour ce qui est des importations aura pour résultat de limiter voire d'éliminer les risques de conjonction avec les milieux capitalistes étrangers.

 

Par ailleurs, le système fiscal empêchera le secteur privé d'assurer une capitalisation monopolistique tandis que les lois sociales protègeront les droits des travailleurs et organiseront leur participation à la gestion des entreprises.

 

Il est évident que le maintien dans l'industrie, le bâtiment, le tourisme, ect..., d'un secteur privé, constituera toujours un risque potentiel pour une remontée du capitalisme.

 

La sécurité de l'option socialiste implique donc que le secteur privé ne trouve pas la possibilité de se transformer en plate-forme pour la prise du pouvoir. Ses activités doivent donc être situées, limitées de telle sorte qu'il ne pourra pas acquérir la puissance économique et influer sur les centres de décision de l'Etat.

 

2 - Un développement intégral et harmonieux sur la base d'une planification scientifique dans sa conception, démocratique dans son élaboration et impérative dans son application.

 

Le socialisme en Algérie - comme d'ailleurs dans le reste de Tiers-monde - ne se borne pas à un réajustement des rapports de production au caractère atteint par les forces productives mais implique un effort gigantesque pour développer pleinement ces forces productives que créent la base matérielle du socialisme.

 

Le socialisme représente un stade supérieur par rapport à la société capitaliste; il ne saurait se greffer sur le sous-développement.

 

Il s'agit donc, non seulement, de récupérer les richesses nationales aliénées par les monopoles étrangers, de socialiser les moyens de production existants, mais encore d'un créer de nouveaux en mettant en branle toutes les forces productives du pays; mise en valeur des ressources naturelles, politique d'industrialisation audacieuse, modernisation de l'agriculture, formation intensive des cadres.

 

C'est pour traduire cette préoccupation fondamentale , que le Pouvoir révolutionnaire puisse la Révolution industrielle, la Révolution agraire et la Révolution culturelle, destinées toutes les trois, à la réalisation d'une même fin : assurer un développement intégral et harmonieux du pays. Grâce ?

L’élaboration et à la mise en œuvre des plans nationaux et de programmes spéciaux de développement régional, l'Algérie régional est entrée résolument dans l'ère du progrès moderne et du développement véritable.

 

Le socialisme n'exige pas seulement le développement, il en est l'âme et le ressort. En intégrant le développement dans sa véritable perspective historique, c'est-à-dire dans le cadre d'une refonte globale de la société, le socialisme lui assure les conditions premières du succès.

 

A cet effet, la planification s'affirme comme un instrument de direction et de démocratisation de l'économie et comme un moyen de répartition équitable des fruits et des charges du développement.

 

3 - Le travail non seulement un droit mais aussi un devoir et un honneur.

 

En liquidant les bases objectives de l'exploitation et en libérant les forces productives, le socialisme réhabilité au plus haut point le travail des hommes. Il considère le travail comme le facteur fondamental de la production et de l'accumulation et comme la source principale de tout progrès social et de la richesse économique.

 

La société socialiste est fondée sur le travail. Elle abolit radicalement le parasitisme, l'oisiveté; elle condamne la presse, le laisser-aller et le fatalisme.

 

Le socialisme fait du travail non seulement un droit, mais aussi un devoir et un honneur.

 

A la notion de travail doit être liée celle de dignité. Ce qui fait la dignité de l'homme c'est son travail, ce qui entraîne sa déchéance, c'est l’oisiveté. Sans travail, le citoyen devient une charge pour la société.

 

Bannir à jamais le chômage, tel est l'un des objectifs les plus pressants du socialisme en Algérie.

 

Partant du principe de l'égalité des sexes le socialisme qui reconnaît la place essentielle qu'elle occupe dans la cellule familiale en tant que mère, épouse, et citoyenne, encourage la femme, dans l'intérêt de la société, à occuper un poste de travail.

 

Le principe du socialisme : «de chacun selon ses capacités, à chacun son travail», doit devenir le principe central de notre organisation sociale.

 

Le travail doit être rémunéré selon la quantité et la qualité du travail fourni. Cela permet de récompenser l'effort, de stimuler l'initiative et de favoriser la production.

 

4 - Satisfaction prioritaire des besoins fondamentaux des masses populaires.

 

En bannissant l'injustice et l'exploitation, et en revalorisant le travail, le socialisme doit assurer la satisfaction des besoins fondamentaux des masses populaires.

 

Dans une première phase, il a pour objectif essentiel, d'assurer, au minimum à chaque citoyen, un modèle de consommation correspondant aux normes d'une vie décente : Logement, nourriture, vêtements, santé, scolarisation des enfants, culture et loisirs.

 

Les besoins fondamentaux des masses satisfaits, la croissance économique permettra à tous les Algériens d'accéder progressivement à une qualité de vie supérieure.

 

Par ailleurs, l'Algérie socialiste considère comme un devoir impérieux d'assurer l'existence de ceux qui ne peuvent pas encore, ne peuvent plus, ou ne pourront jamais travailler. Elle est responsable de la vie et des conditions d'existence de chaque citoyen et doit liquider radicalement les fléaux sociaux qui obligent l'être humain à s'humilier pour vivre.

 

L'Etat doit créer toutes les conditions pour que chaque Algérien puisse satisfaire ses besoins essentiels dans la dignité. Ces investissements sociaux, s'ils représentent une lourde charge pour la société, ne constituent pas moins un facteur fondamental du développement. Non seulement ils favorisent la promotion d'importantes couches de la population, qui étaient reléguées dans une condition infra-humaine sous le régime colonial, mais, en les insérant résolument dans la production, ils assurent à cette dernière un soutien de plus en plus vaste.

 

5 - Libération de l'individu et sa promotion comme citoyen responsable

 

Dans les pays avancés, le socialisme bénéficie d'un acquis historique énorme : celui de la société bourgeoise, de ses techniques, de son savoir-faire, de ses traditions démocratiques.

dans les pays retardés, le socialisme doit tout créer par lui-même y compris la société, sous sa forme moderne, de manière à faire de la nation une association libre de citoyens libres.

cela signifie, qu'en Algérie, le socialisme ne peut en aucun cas, escamoter les tâches démocratiques nationales. Ces tâches comprises dans la Révolution Démocratique Populaire sont permanentes : elles doivent rester un souci majeur du socialisme.

 

La liquidation des structures objectives de l'exploitation, la satisfaction des besoins fondamentaux des masses, sont une condition nécessaire, mais non suffisante d'un développement socialiste. Pour qu'il y ait édification socialiste, il faut qu'il y ait engagement conscient, capacité politique des travailleurs à assumer leur mission historique à l'avant-garde de la nation.

 

Le travailleur dans l'usine socialiste, le paysan dans la coopérative de la Révolution agraire, sont en principe des producteurs libres. Mais pour le devenir réellement, ils doivent acquérir une conscience politique en rapport avec leur nouvelle situation sociale. En d'autres termes, pour être des producteurs libres, les travailleurs doivent être en même temps des citoyens conscients. Leur conscience socialiste et leur conscience civique doivent se développer simultanément et se renforcer l'une par l'autre.

 

Le socialisme doit créer les mécanismes adéquats qui permettront à l'individu, objectivement libéré ou en voie de l'être, de se sentir pleinement responsable et cela sur la base des deux principes suivants :

 

A) assurer rigoureusement le respect des droits fondamentaux de l'homme, notamment :

  • L'égalité devant la loi; nul n'est au-dessus des lois;
  • Une justice égale pour tous;
  • La sécurité du citoyen contre tous les empiètements et la jouissance paisible des fruits de son travail;
  • La promotion de la femme et sa pleine participation à la vie politique, économique, sociale et culturelle de la nation;
  • La liberté de conscience;
  • La liberté de pensée;
  • La liberté d'opinion et d'expression à condition qu'elle ne soit pas utilisée pour porter atteinte à la Révolution.

 

Ce qui implique l'extirpation de l'esprit féodal, de l'esprit tribal, de l'esprit de clan, et du régionalisme, le rejet du népotisme, du favoritisme et de la corruption, ainsi que le développement du sens civique, de l'esprit critique et de la conscience démocratique.

 

B) Bannir systématiquement tout sectarisme, tout dogmatisme, tout autoritarisme et tout bureaucratisme qui auraient pour effet de freiner le développement des facultés du travailleur intellectuel et manuel, ainsi que sa créative.

 

C'est à un tel objective que répond, notamment la gestion socialiste des entreprises et que concourent toutes les autres institutions de la démocratie socialiste.

 

En faisant du travailleur un producteur gestionnaire responsable, on crée, du même coup, les conditions les plus propices à la promotion de l'homme et du citoyen.

 

Cette tâche, pour être menée à bien, requiert de la part du Parti, de l'Organisation syndicale et des autres organisations de masse, un effort soutenu tendant à renforcer la conscience socialiste des travailleurs, à leur inculquer le sens de la discipline collective et de la morale socialiste. Ainsi, sera peu à peu éliminée la contradiction qui subsiste encore entre le niveau de conscience des travailleurs, et les nouveaux rapports de production socialiste.

 

La Révolution algérienne s'est faite sur la base de l'initiative créatrice des masses populaire. L'édification socialiste doit, a son tour mettre à profit une telle expérience et lui donner son plein développement.

 

Le socialisme, en Algérie, s'affirmera ainsi comme un système où l'homme n'est un idéal abstrait et lointain, ni un instrument passif et résigné, mais l'artisan libre, conscient et volontaire de la société nouvelle.

 

IX - Les forces sociales de la révolution

 

Pour être appliqués avec succès, les principes du socialisme exigent une connaissance claire des forces sociales en présence, de la nature des rapports qu'elles entretiennent entre elles. Cela implique une stratégie de la Révolution fondée sur les données concrètes de la société.

 

La société algérienne se caractérise, aujourd’hui, par une très grande mobilité. D'une part, les masses populaires - travailleurs paysans – volent leur rôle socio-économique s'élargir, leur poids politique gagner en importance à la suite des transformations structurelles réalisées par le Pouvoir révolutionnaire. D'autre part, on assiste a l'émergence d'une tendance néo-bourgeoise notamment a travers des tentatives de nature compradore, et dont l'action politique et idéologique ne doit être, en aucun cas, sous-estimée. Entre ces deux tendances extrêmes, les couches moyennes restent encore ouvertes à tous les courants mais elles sont dans leur majorité, favorables aux options nationales du pays.

 

Le maintien, dans le cadre de notre option socialiste, de la petite entreprise privée non exploiteuse, exige une action idéologique intense en direction des couches moyennes en vue de faire de ces couches une allié de la Révolution.

 

En ce qui concerne le secteur privé, il doit apporter sa contribution au développement du pays en orientant ses activités vers des tâches utiles et complémentaires de l'effort national. Cependant, l'Etat socialiste fera la différence entre ceux qui travaillent honnêtement dans le respect de la loi et ceux qui cherchent à la transgresser.

 

A cet égard, le secteur parasitaire ou compradore doit être non seulement combattu et éliminé, mais son influence insidieuse sur tous les plans, enrayée.

 

Dans la phase actuelle, la Révolution doit se prémunir contre deux dangers qui la menacent et qui font le jeu de la réaction :

 

a) La sous-estimation du combat idéologique et qui est susceptible d'engendrer l'indifférence et la démobilisation et dont l'opportunisme le carriérisme, le dilettantisme, ne sont pas les moindres maux.

 

b) La tendance au populisme et au gauchisme, qui se traduit par la démagogie, l'absence de rigueur dans les principes, le refus systématique de toute autorité, et la dissolution du sens des responsabilités. Cette tendance, d'essence petite bourgeoise, rabaisse la Révolution à un spontanéisme infantile et en constitue la négation.

 

Quelles sont les forces fondamentales de la Révolution ? Ces forces sont les travailleurs - manuels et intellectuels -, les paysans, les djounoud, la jeunesse, et les éléments patriotiques révolutionnaires.

 

D'origines sociales, ces derniers de la première heure et moudjahidine, forgés dans le creuser du Front de Libération Nationale et de l'Armée de Libération Nationale ont, depuis l'indépendance, poursuivi sans relâche leur mission dans les rangs du Parti et de l'ANP ou dans les autres rouages et organismes de l'Etat, l'instar de la Révolution dont ils sont le produit authentique, ils ont évolué de la position anti-colonialiste à la position anti-impérialiste et de la position anti-impérialiste à la position socialiste. C'est ce noyau patriotique révolutionnaire qui a amorcé le développement socialiste du pays et continue, en communion avec les autres forces sociales de la Révolution, à en orienter les destinées. Forces qualitativement importante de la Révolution dont il traduit la continuité et l'esprit créateur, il assume un rôle d'avant-garde dans l'émergence d'une pensée nationale progressiste et socialiste.

 

C'est en renforçant l'alliance des travailleurs, des paysans, des djounoud, de la jeunesse et des éléments patriotiques révolutionnaires, que la Révolution deviendra invincible et qu'elle pourra progresser résolument dans la voie du socialisme.

 

Cette alliance se fera sous la direction d'un Parti d'avant-garde seul capable de mener jusqu'a son terme le combat idéologique et politique pour la transformation des mentalités et le développement de la conscience socialiste.

 

C'est grâce à un tel combat que la Révolution parviendra à surmonter les contradictions nées du développement même du pays et de sa progression dans la voie socialiste.

 

1. - Les travailleurs :

 

Est qualifiée travailleur toute personne qui vit du produit de son travail, qu'il soit intellectuel ou manuel et n'emploie pas à son profit d'autres travailleurs dans son activité professionnelle.

 

La Révolution a transformé radicalement et dans l'espace de dix années, le sort des travailleurs. Elle leur a ouvert la voie à l'amélioration continue de leur niveau social, technique et culturel; elle a élargi leur rôle tant au sein des unités de production qu'un niveau de la nation; elle a fait peu a peu reculer la menace du sous-emploi et du chômage; elle a enfin garanti aux travailleurs la stabilité de l'emploi sans laquelle ils ne peuvent aspirer à un niveau de vie décent fondé sur un revenu régulier.

 

D'autre part, la Révolution élargit de plus en plus les avantages sociaux des travailleurs et leur donne des possibilités d'accès à la science et à la technologie modernes qu'ouvrent l'expansion continue et diversifiée de l'économie et l'introduction permanente de nouvelles techniques. L'extension en particulier du système de formation professionnelle facilite l'adaptation du travailleur à son emploi, contribue à l'amélioration de son niveau de vie et le met à l'abri du chômage technique.

 

Engagés dans l'édification de l'économie nationale, qui constitue la base matérielle du socialisme, les travailleurs approchent de près les réalités quotidiennes et sont confrontés aux luttes qu'il faut mener pour augmenter la production et donner ainsi plus de bien-être au peuple. Ils acquièrent ainsi, par leur participation à la bataille du développement, au niveau des ateliers, des chantiers, des usines, une expérience sociale irremplaçable.

 

Les travailleurs doivent donc placer leur rôle de producteurs dans un contexte social qui déborde le cadre de l'entreprise. Loin de se limiter à exécuter des tâches dont la signification leur échappe, ils doivent accomplir leur travail en en saisissant les répercussions tant sur l'équilibre économique de l'entreprise que sur l'état général de l'économie.

 

Chaque travailleur apportera sa contribution au progrès de la Révolution. Son engagement révolutionnaire se traduira d'abord par le renforcement de la productivité.

 

Les travailleurs tendront de toutes leurs forces, à accroître non seulement la production mais à améliorer la finition et la qualité des produits, sans lesquelles ces derniers perdraient une partie de leur utilité sociale. L'esprit d'initiative, la capacité d'innovation, la recherche des techniques propres à améliorer la productivité et la production doivent devenir chez les travailleurs un impératif de tous les instants.

 

Les travailleurs doivent utiliser de façon responsable les moyens de production mis à leur disposition par la collectivité, éviter le laisser-aller et combattre le gaspillage. Les moyens de production constituent entre leur mains une arme de combat pour une société plus juste. Ils doivent donc veiller a ce qu'ils ne soient pas détournés de leur destination première qui consiste à augmenter les richesse matérielles de la nation. L'efficacité avec laquelle ils les utilisent a des répercussions directes tant sur la condition des travailleurs qui les emploient que sur les niveaux de vie du peuple tout entier. En effet, l'accumulation du capital étant réalisée au profit des masses populaires, les conditions matérielles du peuple restent étroitement dépendantes du développement de la production.

 

Si l'édification socialiste s'appuie sur un nombre de plus en plus large de travailleurs, il n'en demeure pas moins que son avenir repose sur la qualité de leur formation idéologique et le degré de leurs conscients, les plus expérimentés et les plus compétents, doivent assurer un rôle d'avant-garde dans l'éveil et la formation idéologique et politique des autres travailleurs et animer les organes de la gestion socialiste des entreprises. Ces organes constituent pour les travailleurs un instrument efficace pour la concrétisation de leurs aspirations comme producteurs, comme citoyens et comme force révolutionnaire engagée dans la construction du socialisme.

 

Grâce à leur participation active au fonctionnement régulier des instances collectives, les travailleurs pourront acquérir des compétences techniques et de gestion qui renforceront leur position dans la production et fortifieront leur rôle au sein de la nation. Ils feront preuve d'autant plus d'esprit responsable qu'il ne saurait y avoir contradiction entre leurs intérêts et ceux de l'entreprise qui les emploie.

 

Entre une société où les entreprises appartiennent à la collectivité et sont gérées en association avec les producteurs et sous leur contrôle, et une société où les travailleurs restent sous la férule du capitale privé et ne peuvent espérer aucune amélioration fondamentale de leur sort, le choix des travailleurs ne saurait faire aucun doute.

 

Si les travailleurs algériens commencent déjà à vivre le socialisme en tant que producteurs, ils savent cependant tout ce qui reste encore à faire pour bénéficier d'un bien-être, dont la réalisation est liée à l'édification du socialisme et à la poursuite de l'effort de développement.

 

Si le succès de la Révolution signifie la promotion économique, sociale et politique des travailleurs, son échec aboutirait automatiquement à la restauration de leur exploitation par une minorité de privilégiés. L'avenir des travailleurs se confond ainsi avec le destin de la Révolution, le succès de la propriété collective et le développement de la production. Les travailleurs doivent donc jouer un rôle moteur dans l'accélération du processus révolutionnaire et la construction du socialisme. C'est pourquoi les travailleurs doivent intensifier leur participation à la gestion des affaires publiques. L'Etat socialiste veillera en particulier à ce qu'ils aient une représentation conséquente dans toutes les assemblées populaires.

 

2. - Les paysans :

 

Les paysans représentent la partie la plus déshéritée du peuple algérien. Ne possédant aucun privilège matériel ou social légué par le passé et qu'ils pourraient chercher à conserver, c'est dans l'avenir qu'ils placent leurs espoirs de promotion. Ils ont un intérêt vital au succès du socialisme, et associent leur destin a celui de la Révolution en dehors de laquelle il ne voient aucune autre alternative.

 

La Révolution Agraire a commencé à modifier profondément le sort des paysans. Arrachés a l'ignorance et à l'exploitation, ils mettent désormais en valeur et à leur propre profit une terre que la Révolution leur a attribuée. Leur promotion sociale, culturelle, économique et politique, est ainsi intimement liée à la Révolution.

 

L'adhésion des paysans au système coopératif leur permet d'acquérir une expérience dans la pratique du socialisme qui les place aux premières lignes du front de la Révolution.

 

L'importance numérique de la paysannerie algérienne, son expérience de lutte séculaire pour la libération nationale, permettent d'augmenter favorablement de son rôle dans le processus révolutionnaire. Une des tâches essentielles de la Révolution algérienne est de renforcer la mobilisation de la paysannerie autour de ses nouvelles conquêtes. Si la Révolution a donné aux paysans la terre et les moyens matériels pour la travailler, elle doit maintenant les aider à élever leur conscience sociale et à placer leur action dans un cadre qui dépasse les horizons étroits de leur unité de production.

Elle doit leur permettre d'accéder à des formes modernes de pensée, de travail et d'organisation, a s'ouvrir largement aux problèmes de la nation et du monde. La paysannerie représente un immense potentiel d'énergie qui doit pouvoir s'intégrer, peu à peu, dans la marche de l'ensemble du pays. C'est pourquoi, le rôle politique de la paysannerie doit se manifester d'une manière de plus en plus sensible grâce, notamment, à la participation active de ses représentants aux travaux des diverses assemblées populaires.

 

La paysannerie algérienne qui a supporté héroïquement le poids de la guerre d'indépendance et bénéficié depuis la mise en œuvre de la Révolution Agraire d'avantage concrets, doit se sentir directement concernée avant toutes les autres couches sociales par l'édification du socialisme.

 

3. - La jeunesse :

 

De même qu'elle a participé au combat d'hier, la jeunesse ne saurait, aujourd'hui, rester en dehors de la Révolution et ne pas participer à l'édification de la société. Si beaucoup de jeunes prennent déjà une part active au mouvement révolutionnaire, c'est, en fait, l'ensemble de la jeunesse qui devrait jeter tout son poids dans la Révolution. C'est, en effet, sur la jeunesse que reposent, pour une part non négligeable, la continuité de la Révolution et l'édification du socialisme. La génération du 1er novembre 1954 a libéré le pays et jeté les bases du socialisme; elle doit pouvoir remettre l'héritage à des hommes qui soient en mesure de l'assumer et d'en comprendre la portée historique.

 

La jeunesse algérienne ne peut se hisser à la hauteur des responsabilités qui l'attendent qu'à condition de bien se pénétrer de la grandeur des tâches à accomplir, et de refuser de calquer ses idées, son comportement sur des modèles nocifs et inconsistants. L'imitation facile de comportements importés d'un environnement social différent, est un facteur de démobilisation, une déviation à la fois anti-nationale et anti-socialiste.

 

La jeunesse intellectuelle, plus particulièrement, ne doit pas se couper des masses dont elles est issue dans sa grande majorité. C'est grâce à une liaison permanente avec les masses populaires et avec leurs problèmes quotidiens qu'elle pourra s'initier utilement aux tâches politiques et idéologiques de la Révolution. Les études ne doivent pas être une cause de privilèges ou une base de revendications injustifiées, mais une source d'obligations précises envers la collectivité. La jeunesse doit utiliser ses connaissances au profit des masses populaire, non seulement en se mettant résolument au service de leurs intérêts, mais en menant parmi elles une action visant à accroître leur niveau culturel et leur conscience sociale.

 

Aucun jeune ne doit rester à l'écart du travail idéologique autour duquel toute la jeunesse du pays sera immobilisée. L'éducation idéologique et politique fortifié la conscience révolutionnaire des jeunes et multiple leurs attaches avec la vie de leur peuple et ses réalités. Il s'agit pour eux, en l'occurrence, de prendre clairement conscience des grands problèmes qui se posent au pays, des progrès déjà accomplis et des transformations qui restent à entreprendre pour abolir radicalement la misère, l'ignorance, l'exploitation de l'homme par l'homme et hâter l'avènement d'une société socialiste.

 

La jeunesse algérienne possède une mentalité libre des préjugés inhérents à un ordre social révolu. Elle se montre réceptive au monde de penser et de vie socialiste, qui exécute l'individualisme, et valorise les vertus de solidarité, de désintéressement et d'abnégation au service de la collectivité.

 

Notre jeunesse a déjà prouvé qu'elle était capable de comprendre l'enjeu actuel. Elle soutient sans réserve les mesures révolutionnaires du pays et approuve fermement l'option socialiste dans laquelle elle se reconnaît.

 

Le volontariat pour le succès de la Révolution Agraire a permis, non seulement de mobiliser les jeunes autour d'objectifs concrets d'une grande portée sociales, mais d'amorcer une pratique du travail au sein des masses dont les résultats bénéfiques plaident en faveur de cette expérience et de son développement continu dans les prochains années.

 

Par ses aspirations, par son effort de perfectionnement, sa haine de l'injustice, sa volonté de construire un avenir meilleur, la jeunesse algérienne ne saurait accepter d'autre société que la société socialiste. Sa place est, aujourd'hui, plus que jamais, aux côtés des paysans et des travailleurs.