Dernière mise à jour : Janvier 2018

Actualités économiques

La BM accusée d’avoir modifié les indicateurs de Doing Business pour des motivations politiques

La BM accusée d’avoir modifié les indicateurs de Doing Business pour des motivations politiques

WASHINGTON- L’économiste en chef de la Banque Mondiale (BM), Paul Romer, a affirmé récemment que cette institution de Bretton Woods avait modifié injustement les indicateurs de son rapport annuel sur…
Renault s'offre 62% du marché algérien

Renault s'offre 62% du marché algérien

La progression de la percée du groupe Renault en Algérie a été en hausse de 11 points par rapport à l'exercice précédent, s’est félicité le groupe français aujourd’hui dans un…
Finances: le FRR a couvert 83 % du déficit du Trésor

Finances: le FRR a couvert 83 % du déficit du Trésor

Le Fonds de Régulation des Recettes (FRR) a couvert 83% du déficit du Trésor des neuf premiers mois de 2017, estimé à près de 946,2 milliards (mds) de DA, apprend-on…

Titre 7 – Les grands objectifs du développement

 

Le développement économique, social et culturel obéit aux lignes directrices définies par la stratégie de l'édification du socialisme et de la construction d'une économie indépendante. Il comporte un certain nombre de grands objectifs qui s'intègrent dans une conception globale et intégrée du développement et qui obéissent aux principes et conceptions définis par la Charte Nationale, notamment à travers les grands axes de l'édification du socialisme. La réalisation de ces objectifs donnera sa pleine signification au contenu politique, économique, social et culturel de notre option socialiste. C'est la Direction Politique du pays, à travers la planification nationale dont la mission est de mettre en œuvre la politique de la Révolution, qui inscrit ces objectifs dans la réalité et en fait l'armature des plans nationaux de développement.

 

I. - MODERNISATION ET EXPANSION DE L'AGRICULTURE

 

De par les potentialités que renferme le pays en matière agricole et en raison de la nécessité primordiale d'assurer la couverture des besoins nationaux en produits alimentaires, l'agriculture tient une importance de premier plan, tandis que le rythme de son développement conditionne, en grande partie, celui de toute l'économie nationale. Son développement restera toujours l'une des principales tâches prioritaires de l'Etat.

 

La révolution agraire, en plus des opérations qui ont permis la récupération des terres spoliées par la colonisation et des actions qu'elle a engagées pour transformer les structures rurales traditionnelles, comporte pour l'agriculture, en tant que grande composante du secteur productif du pays, un développement qui doit conduire cette agriculture à remplir la mission qui lui est assignée dans le cadre de la stratégie mise en œuvre pour la construction économique du pays. Cette mission qui vise d'abord à assurer l'autosuffisance du pays dans les produits d'origine agricole, repose, comme le stipule la charte nationale à propos des grands axes de l'édification du socialisme, sur l'application intégrale et sur l'approfondissement de la révolution agraire et appelle la mise en œuvre des mesures suivantes :

 

1) Moderniser et harmoniser les structures organisationnelles afin de clarifier la situation du secteur agricole socialiste dans son ensemble et d'aboutir à un mode de gestion cohérent de ce secteur.

 

Après l'élimination des formes d'exploitation de l'homme par l'homme dans les activités agricoles et pastorales, il faut harmoniser les formes organisationnelles du secteur socialiste agricole de manière à adapter les structures de gestion aux conditions inhérentes à la nature des cultures pratiquées aux spécifications de terres exploitées, aux caractéristiques socio-psychologiques propres à la paysannerie algérienne et, enfin, aux exigences découlant du recours aux techniques modernes d'exploitation et à la recherche de l'efficacité.

 

Le mode d'organisation de la gestion n'est ni un postulat intangible ni un critère immuable de la doctrine socialiste. Il se distingue nettement des éléments fondamentaux de cette doctrine que sont la limitation de la propriété et le principe de « la terre à ceux qui la travaillent ». Son objet et sa raison d'être résident essentiellement dans son aptitude à faire

émerger, au sein d'une agriculture socialisée, des exploitations économiquement viables et efficaces. cela peut être obtenu par des exploitations organisées selon une échelle variée, allant de la ferme individuelle. Le problème de la grosse propriété étant résolu et celui de l'exploitation du paysan ayant été liquidé, la question dont la solution requiert un souci constant d'imagination et de perfectibilité consiste à doter le secteur socialiste agricole des structures adéquates qui permettent à l'agriculture de produire toujours plus et mieux, d'assurer pleinement son rôle dans le cadre de l'économie du pays et d'élever constamment la condition du paysan.

 

Pour cela, il convient, en particulier, d'éliminer les disparités qui existent entre les paysans, de rendre cohérents et équitables dans leurs résultats, les modes d'intéressement de ces paysans au fruit de leur travail et d'introduire une homogénéité dans les règles qui régissent le rôle des différentes administrations à l'égard des exploitations agricoles et qui édictent l'étendue de l'autonomie de décision de ces exploitations dans la conduite de leurs activités.

 

Il convient, en outre, de procéder à une restructuration foncière des différentes exploitations, afin d'en rationaliser et d'en optimiser la taille selon la nature des cultures et les caractéristiques du sol, ce qui permettra de rééquilibrer les potentialités des unités par zones homogènes.

 

L'activité agricole, de par sa nature même, nécessite l'esprit d'initiative et souffre au plus haut degré des méfaits de la bureaucratie. De tous les secteurs de la vie économique, elle est celle qui peut tirer le plus grand bien de la décentralisation qui libère l'esprit d'initiative et permet de résoudre sur place les questions qui ne peuvent être appréciées valablement à partir de centres de décision éloignés des conditions de travail qui sont étroitement liées au contexte local. Cependant, afin de pallier l'inconvénient de la dispersion qui pourrait naître de la décentralisation, il est indispensable d'assurer la participation des agricultures à la définition de la politique agricole par l'intermédiaire de leurs organisations spécifiques et de leurs représentations locales.

 

Enfin, les structures qui encadrent l'activité agricole, doivent permettre de garantir au paysan une rémunération satisfaisante de son travail et de promouvoir, à cet effet, une meilleure valorisation de la production agricole dans le cadre d'une politique qui sauvegarde, en même temps, le pouvoir d'achat de l'ensemble des travailleurs. La perfectibilité de ces structures et le succès de leur rénovation reposent sur la formation des paysans et sur un choix, judicieux en ce qui concerne les hommes qui ont la charge de gérer et d'animer les activités agricoles.

 

2) Insérer le secteur privé dans le processus de modernisation et de développement général de l'agriculture.

 

Le secteur agricole concerne une large partie des paysans. Il convient de lui accorder un accès plus étendu aux actions destinées au renforcement technique des exploitations, au préfinancement des campagnes agricoles et, d'une manière générale, à l'amélioration de la valorisation de la production agricole. La promotion du monde rural, objectif de la révolution agraire, englobera les paysans du secteur privé, maintenant que les grandes exploitations de ce secteur ont été éliminées.

 

3) Moderniser les méthodes et les cultures par le recours aux techniques les plus appropriées.

 

Par delà le problème des structures de gestion et après l'élimination des causes qui étaient à l'origine du retard dont a souffert la société rurale, la chance de promotion et d'expansion de l'agriculture se trouve dans la réussite de sa modernisation et dans son plein accès à l'âge de la technologie.

 

A cet effet, la politique agricole doit réserver, dans ses activités de production et de gestion, une importance particulière à l'introduction des méthodes et techniques les plus appropriées, y compris, lorsque cela s'avère utile, les plus avancées.

 

A) L'utilisation des machines les plus efficaces dans l'exécution des travaux agricoles est un élément fondamental pour élever la productivité des travailleurs de la terre et pour gagner à l'agriculture de nouvelles parcelles du sol.

 

B) L'emploi des produits chimiques et des procédés appropriés pour enrichir les sols, assurer l'alimentation des cultures et protéger les plantes, procure l'avantage d'élever considérablement le rendement des terres cultivables et d'éviter ou de réduire la pratique de la jachère. La terre, du point de vue économique, est un élément du capital fixe, dont l'inutilisation même temporaire, s'analyse comme une immobilisation improductive, c'est-à-dire comme une perte de substance. Dans l'évaluation de ce que rapporte un capital, la valeur de ce capital et le temps de son utilisation constituent des données essentielles. Nos agriculteurs doivent apprendre à considérer le temps comme un élément fondamental dans leurs plans et dans la détermination de leurs objectifs de production et de résultats. L'emploi des engrais, en permettant une utilisation plus intensive de la terre, joue ainsi le rôle d'un facteur accélérateur dans la circulation et le recyclage, en terme économique, du capital que représente cette terre.

 

C) La recherche des bases scientifiques nécessaires à l'adaptation des techniques agricoles modernes aux conditions du pays (climat, sol, eau, etc...), est une exigence vitale pour la réussite de la modernisation, de l'agriculture. L'accueil à éviter dans cette modernisation, c'est de croire que les méthodes et les techniques mises au point sous d'autres latitudes sont transposables automatiquement en Algérie. Une telle conception pourrait conduire à des déboires sérieux et, ce qui est encore plus grave, comporte le danger d'aboutir à l'idée que la technique est incapable d'apporter des solutions valables aux problèmes de l'agriculture algérienne. L'agriculture, dans toutes ses composantes parmi lesquelles figure l'élevage, opère en un milieu naturel vivant et relève, par conséquent, du domaine de la biologie.

Comme tout ce qui touche à la vie, l'expérimentation, la recherche de l'acclimatation et la détection des éléments qui déterminent les phénomènes d'inadaptation sont donc indispensables et doivent constituer la base de la méthodologie que doit suivre la modernisation de l'agriculture. A cet effet, des stations expérimentales et des laboratoires spécialisés, mettant à profit aussi bien les acquis séculaires et le sens de l'observation de notre paysannerie que les résultats des travaux scientifiques, devront être multipliés a travers l'Algérie. L'implantation et, éventuellement, la spécialisation de ces stations devront se faire en fonction des cultures à traiter et des zones à étudier. Les travaux s'appliqueront aussi bien à l'arboriculture qu'aux cultures saisonnières.

 

Ils auront pour objet d'améliorer la résistance, la qualité et le rendement des différentes variétés de cultures pour lutter contre les phénomènes naturels hostiles. Il sera possible ainsi, de valoriser d'immenses plaines et des terres utiles qui ne sont pas ou sont faiblement exploitées par suite de conditions climatiques défavorables aux cultures qui pourraient y être pratiquées ou bien aux cultures plus riches qu'il serait souhaitable d'y introduire. En recherchant, par des travaux appropriés menés scientifiquement, les correctifs à faire subir aux plantes et aux terres, l'agriculture parviendra à rendre les cultures plus résistantes aux phénomènes qui attaquent leur vitalité et à fertiliser davantage les sols en en faisant un terroir plus favorable à de nouvelles plantes.

 

D) L'irrigation aura pour effet de relever le niveau de production des terres et d'atténuer ou d'éliminer les aléas inhérents aux variation du climat et, dans une certaines mesure, aux autres particularités naturelles.

 

L'insuffisance de la pluviométrie est certainement l'un des facteurs qui pèse le plus sur la production agricole. En outre, la caractéristique de l'Algérie est que les zones montagneuses, généralement peu propices aux cultures, bénéficient d'une bonne pluviométrie, tandis que les plaines cultivables sont peu arrosées. L'irrigation permettra d'introduire une meilleure régularité dans les rendements culturaux et, dans beaucoup de cas, de se servir de l'eau pour lutter contre certains fléaux tels que les gelées dans les régions exposées aux amplitudes de la température.

 

La mobilisation du potentiel hydraulique constitue ainsi un préalable impératif à l'expansion de l'agriculture et à l'élévation du niveau de sa productivité.

 

4) Reconvertir des cultures anciennes et introduire des cultures nouvelles pour s'adapter et répondre aux besoins du pays, tant pour la consommation qu'en ce qui concerne les matières premières nécessaires aux diverses activités industrielles.

 

La mission assignée à l'agriculture, dans le cadre de notre stratégie de développement, de satisfaire les besoins nationaux en produits agricoles pose, sur le plan de la production, non seulement un problème de volume mais aussi et surtout un problème de diversification. Si l'augmentation en volume de la production peut répondre à la progression de la demande du point de vue quantitatif, il reste que l'amélioration du niveau de vie des masses populaires se traduit également par une évolution qualitative des habitudes alimentaires de la population. L'accès à un retard de vie moderne signifie non seulement que chaque Algérien pourra manger à sa faim, mais aussi que sa nourriture, dépassant les limites d'une alimentation de subsistance, corresponde aux normes d'une formule alimentaire plus équilibrée et mieux adaptée aux besoins du développement et de l'entretien de l'organisme humain.

 

Au demeurant, la recherche d'un meilleur équilibre dans l'alimentation, outre qu'elle concorde avec des nécessités naturelles, répond davantage aux besoins d'une population économiquement active qui fournit un travail physique et intellectuel de plus en plus intense. Autrement dit on ne peut concevoir de nourrir de la même manière une population réduite à l'état de la vie végétative par la misère et le sous-développement, et une population engagée dans les cycles actifs de la production et vivant dans une société socialiste.

 

Des produits tels que la viande, les fruits, le lait et ses dérivés doivent cesser d'être le signe d'une consommation de luxe et entrer à une large échelle dans la consommation de base.

 

Toutes ces raisons font que la production agricole doit comporter une diversité qui concorderait avec la variété de la formule alimentaire, cette formule étant elle-même le reflet d'une nourriture équilibrée et des habitudes de consommation propres au pays.

 

Ainsi, à travers les différents produits que fournit l'agriculture, il s'agit de disposer de quantités suffisantes en protéines en glucides, en lipides et en éléments vitaminiques nécessaires à la population sans oublier les formes de ces éléments qui sont nécessaires à l'alimentation du bétail et qui, de ce fait, se présentent comme une phase intermédiaire indispensable dans le cycle qui conduit à l'obtention des produits consommés par l'homme.

 

En définitive, c'est à partir d'une certaine conception de l'alimentation de la population que l'on se fixe comme objectif, et de l'évolution que doit accomplir cette population pour y parvenir, que se détermine et se déploie toute la stratégie du développement agricole du pays.

 

Essentiellement, le problème consiste à fabriquer, par la mise en œuvre de cycles naturels, des produits contenant les éléments constitutifs de base de l'alimentation et se pose ainsi, d'un point de vue économique, en terme de coût. Des différentes filières possibles pour obtenir un produit déterminé, il convient de retenir celle qui permet d'y arriver au meilleur coût. Pour avoir des protides, il n'est pas toujours nécessaire de continuer à consommer intensivement de la viande de mouton. L'espèce ovine est la moins rentable des espèces qui produisent des protéines.

 

L'élevage devenant de plus en plus une opération économique à envisager en terme de rentabilité, il convient de rechercher des formes de production de protéines qui donnent le meilleur rendement. A cet égard, le bœuf, le poulet, le poisson et les œufs devront relayer et compléter le mouton dans l'approvisionnement de la population en viande et en protéines.

 

Cependant, il ne suffit pas, pour déterminer l'orientation à donner à l'agriculture, en matière de choix de cultures ou d'élevage, de s'arrêter aux seules considérations économiques de coût. Ce serait tomber dans des solutions technocratiques mercantiles, voire absurdes, qui ne concordent pas avec la démarche socialiste. Les produits alimentaires doivent, certes, êtres disponibles à des prix qui soient à la fois abordables pour le consommateur et suffisamment rémunérateurs pour le paysan, mais faut-il encore que ces produits soient acceptables pour l'homme, c'est-à-dire agréables pour son goût et assimilables pour son organisme.

 

C'est à l'ensemble de ces considérations que doit obéir l'orientation de la diversification de notre agriculture qui aura en outre, à tenir compte des données propres au sol, au climat et aux caractéristiques psycho-sociologiques de la paysannerie. En outre, il convient également de prendre en compte les besoins en cultures industrielles pour fixer les différents axes que doit suivre la diversification de l'agriculture.

 

C'est dans cette perspective que ces mesures adéquates seront prises pour :

 

A) installer la culture des céréales dont le rendement doit pouvoir d'élever fortement. Dans ce domaine, le blé demeure la base de l'alimentation de notre société et sa production locale à l'échelle des besoins nationaux devient un impératif de notre développement et de notre indépendance économique. D'autres cultures céréalières, telles que celles du maïs devront être pratiquées à une large échelle pour l'alimentation humaine, pour celle du bétail et pour les besoins de l'industrie.

 

B) développer l'élevage dans tous les domaines (bovin, ovin, avicole, apicole, etc...) grâce notamment à l'extension des cultures fourragères qui pourraient réduire la pratique de la jachère et à l'aménagement des zones steppiques qui doivent cesser d'être de simples terrains de parcours. L'élevage à grande échelle, qui constitue la seule solution valable au problème de l'approvisionnement en viande du pays, n'exclut pas et, au contraire, devrait s'accompagner du maintien et de l'expansion di petit élevage qui sera encouragé pour toutes les catégories, bovine, ovine, avicole, apicole, etc...). L'organisation et l'extension de la médecine vétérinaire devront être poursuivies pour contribuer au succès du développement de l'élevage.

 

C) accroître les cultures maraîchères à travers tout le pays et, particulièrement, dans les zones côtières qui comptent parmi les meilleures terres maraîchères du monde. Outre qu'ils représentent une culture riche, les maraîchages prennent une importance de plus en plus vitale pour le ravitaillement de la population en rapport avec l'amélioration du niveau de vie et la recherche d'une alimentation plus variée et mieux équilibrée. Ils forment l'un des domaines où la modernisation de l'agriculture aura à produire ses meilleurs effets et où l'encouragement de l'Etat devra être intensifié.

 

D) étendre les cultures industrielles (graines oléagineuses, betteraves à sucre, coton, tabac, mûrier pour le ver-à-soie, etc...) qui exigent des travaux et des soins qualitativement importants et qui contribueront le mieux à mettre en relief la mutation de l'agriculture algérienne dans le sens de la modernisation et du progrès.

 

E) développer l'arboriculture, notamment celle cultivée e, sec, tout particulièrement pour aider à stabiliser les terres en pente contre l'érosion surtout sur l'Atlas Tellien et ses piemonts. Une place majeure devra être réservée à l'olivier pour lequel l'Algérie, pays méditerranéen, présente une prédilection historiquement confirmée et qui donne un produit de choix apprécié de tout temps par le consommateur algérien et de plus en plus demandé sur le marché international.

 

Les plantations forestières, de leur côté, devront comporter les essences utiles à la transformation industrielle, notamment à tout ce qui touche les produits cellulosiques.

 

Des dispositions particulières devront également être prises pour aider les petits paysans à développer l'arboriculture sur leurs exploitations.

 

Dans les zones sahariennes, le palmier-dattier qui représente une grande richesse de l'Algérie, fera l'objet d'actions spécifiques pour sa protection et pour son extension.

 

F) accentuer, en rapport avec le problème de l'approvisionnement du pays en viande, les efforts déployés pour le développement de la pêche. Les produits de la mer constituent une source appréciable pour l'obtention des protéines et peuvent contribuer à la solution du problème posé par l'approvisionnement du pays en viande. Leur exploitation doit non seulement porter les ressources importantes dont dispose l'Algérie, mais également s'étendre à la pratique de la pêche en haute mer avec des moyens industriels et s'accompagner d'une large expansion des industries de conserve.

 

Le développement de la pêche postule l'amélioration des conditions de travail des pêcheurs en vue notamment, de diminuer l'isolement socio-économique qui affecte ces derniers et de les rendre plus attentifs à la pénétration du progrès. Des mesures nécessaires à la rénovation des structures du secteur de la pêche seront mises en œuvre pour permettre une expansion des entreprises socialistes opérant dans le domaine de la pêche, et pour mieux rentabiliser les activités des pêcheurs privés, notamment en éliminant les intermédiaires parasitaires. En outre, l'infrastructure portuaire concernant le pêche fera l'objet d'une attention particulière pour la poursuite de sa modernisation et de son extension, en même temps que seront développés des viviers et des parcs sur les points de la côte qui s'y prêtent.

 

Une action importante devra aussi être entreprise pour distribuer largement le poisson à travers le pays, en encourager sa consommation afin d'atténuer la pression qui s'exerce sur la demande en viande.

 

5 - Préserver les sols et promouvoir une politique rationnelle pour l'utilisation des terres.

 

L'absence d'une action d'envergure pour la défense des sols et d'une politique d'ensemble pour l'utilisation rationnelle des terres peut conduire à une réduction inéluctable et dangereuse de la superficie utile du territoire et rend nécessaire les mesures suivantes :

 

a) poursuite et intensification des travaux de reboisement entrepris en vue de la reforestation du pays, de manière à transformer le milieu naturel et à donner naissance à des micro-climats favorables à l'agriculture.

 

Le grand barrage vert dont la réalisation est assumée par les jeunes du service national constitue un prologue à la grande œuvre patriotique que doit être la fertilisation à grande échelle du territoire.

 

Cependant, malgré son étendue, le barrage vert risque d'avoir des effets limités s'il demeure isolé; aussi sera-t-il complété par les opérations suivantes :

 

  • Sur les parties favorables de l'Atlas Tellien, extension de l'arboriculture fruitière, en particulier l'oléiculture sur trois millions d'hectares pour soustraire les terres en pente aux effets dévastateurs de l'érosion et augmenter la production fruitière du pays;
  •  
  • Au Nord de l'Atlas Saharien, mise en valeur de la steppe sur une étendue de 15 à 20 millions d'hectares dans le cadre de l'application de la révolution agraire;
  •  
  • Aménagement de villages socialistes dans les zones forestières, particulièrement dans les contrées montagneuses, pour préserver et développer les ressources de la forêt et assurer aux populations qui y vivent une source de revenus répondant à l'objectif de promotion rurale fixé par la Révolution agraire.

 

b) délimitation à travers le territoire, sans porter atteinte aucunement au développement des autres secteurs, des zones destinées aux usages non agricoles de façon à conserver les terres les plus aptes à la culture et à éviter que des investissements agricoles soient effectués inutilement sur des parcelles appelées à être effectuées à d'autres activités.

 

6 - Entendre la superficie agricole à travers le territoire, notamment dans les plaines des Hauts-Plateaux et des régions sahariennes, grâce aux travaux d'aménagement et de bonification des terres afin de les rendre aptes à recevoir et à nourrir les cultures les plus variées.

 

A ce titre, l'Algérie se fixe comme l'objectif de porter la superficie des terres irriguées sur l'ensemble de son territoire à plus d'un million d'hectares.

 

A cet effet, 800.000 hectares seront nouvellement irrigués et aménagés, tout particulièrement dans les zones actuellement incultes faute d'eau, notamment les plaines des Hauts-Plateaux, les confins sahariens et les étendues désertiques. Ces 800.000 hectares s'ajouteront aux périmètres déjà irrigués qui seront réaménagés et aux multiples parcelles qui bénéficieront d'un apport d'eau, grâce aux travaux de la petite hydraulique.

 

L'investissement qui sera consenti dans le cadre de cet effort de mise en valeur se justifie largement si l'on tient compte des besoins croissants de la population en produits alimentaires et de la nécessité de libérer le pays de la dépendance vis-à-vis du marché international des produits agricoles et de le mettre à l'abri des pressions que seraient tentées d'exercer les puissances qui dominent ce marché.

 

7 - Organiser les relations agriculture-industrie.

 

L'agriculture et l'industrie se situent en amont et en aval l'une de l'autre, et cette interdépendance va en se renforçant avec l'édification d'une économie nationale moderne de plus en plus intégrée et dont les secteurs d'activité devront s'équilibrer.

 

A cet effet, il faudra promouvoir la constitution des complexes agro-industriels intégrés de manière à obtenir une coordination étroite entre les actions d'équipement en unités de transformations et les orientations de la production agricole, et à permettre l'amélioration des résultats d'ensemble par l'utilisation rationnelle des sous-produits et par l'intensification des échanges entre les activités intégrées. Il conviendra également de promouvoir, entre l'agriculture et l'industrie, des relations contractuelles en vu  d'assurer à chacun de ces deux secteurs, des approvisionnements stables et planifiés, ainsi que des prix déterminés sur des bases rationnelles et sauvegardant les impératifs de développement propres à chaque activité.

 

8 - L'agriculture au sein de l'économie nationale.

 

Conformément aux objectifs de la révolution agraire, les moyens nécessaires seront mobilisés pour revaloriser le travail agricole et pour créer les conditions économiques, sociales et culturelles qui permettront de maintenir dans les campagnes et au bénéfice des activités agricoles une main-d’œuvre qualifiée et d'un niveau de plus en plus élevé. Il sera fait en sorte que ce ne soit pas toujours les meilleurs qui quittent l'agriculture au profit des autres secteurs de l'économie, et que l'agriculture devienne également un facteur réel de progrès et de promotion sociale, culturelle et technologique au sein des campagnes.

 

II. - L'INDUSTRIALISATION

 

L'industrialisation est certainement l'un des phénomènes qui marqueront le plus le visage économique de l'Algérie indépendante. Dans ce domaine, où se manifestent le plus les dangers du néo-colonialisme, l'Algérie a affirmé sa volonté de suivre sa propre voie en matière de développement et de donner un contenu concret à la notion de l'indépendance économique.

 

De multiples réalisation jalonnent déjà l'œuvre accomplie dans ce domaine, depuis le 19 juin 1965, par le Pouvoir révolutionnaire, à qui revient le mérite d'avoir engagé l'Algérie dans l'ère de l'industrialisation.

Cette industrialisation, qui marque de plus en plus profondément la réalité du pays, doit poursuivre son développement et franchir encore de nouvelles et importantes étapes en vue de répondre aux objectifs qui lui sont assignés par les impératifs du développement national.

 

Pour prétendre pleinement au succès, elle doit, en outre, s'attacher, d'une manière continue, à assurer l'utilisation intégrale des capacité qu'elle a créées et à donner une efficacité toujours plus grande à l'outil de production qu'elle a contribué à forger.

 

1 - Promouvoir une industrialisation globale et intensive.

 

Deux choix s'offrent à l'Algérie pour la conception de son industrialisation ; s'en tenir aux filières et aux seules unités que les théories inspirées par l'école néo-colonialiste considèrent comme les seules qui correspondent à la vocation des pays sous-développés, ou bien refuser d'admettre que le sous-développement soit une tare indélébile pour les peuples qui ont souffert de l'aliénation coloniale et impérialiste et fonder sa politique industrielle dans le sens d'une industrialisation globale et intensive.

 

L'Algérie se prononce sans réserve en faveur du deuxième terme de l'alternative. Elle s'engage résolument en direction des objectifs qui découlent d'un tel choix. Cet engagement se reflète dans les programmes mis en œuvre, dans l'intensification industrielle qui met en évidence la recherche d'un haut degré d'intégration, au sein de l'économie nationale, en faveur des fabrications les plus élaborées. Il se reflète aussi dans la «densification» du tissu industriel du pays, qui fait pénétrer l'activité industrielle dans les contrées les moins développées du territoire. Il s'attache, enfin, à rendre plus étroites les liaisons qui existent entre les différentes branches de production, de façon à renforcer les échanges inter-industriels.

 

L'adoption de cette forme d'industrialisation procède de l'option que la volonté politique et la détermination révolutionnaire rendent parfaitement possible l'acquisition de la technologie, même la plus avancée. Cette volonté et cette détermination sont parfaitement en mesure dans l'option révolutionnaire de l'Algérie, d'ouvrir la voie qui permet de passer du stade d'une économie aux structures rudimentaires fondée sur des activités à prédominance rurale et agricole assorties de prolongements industriels limités, au stade d'une économie diversifiée et complexe marqué par l'existence d'une industrie puissante, largement répandue et nécessitant l'emploi de techniques complexes, aussi bien pour la production que pour la gestion.

 

2 - Edifier les industries de base qui constituent le fondement d'une industrialisation véritable et sont l'une des conditions de l'indépendance économique.

 

La création d'une industrie qui revêt un caractère global et étendu suppose l'existence des industries de base qui donnent sa marque à une politique d'industrialisation véritable et en constituent la pièce maîtresse, puisque c'est par les industries de base que se fait le passage capital de la matière brute au produit élaboré. Les industries de base représentent aussi le pilier par lequel l'industrialisation s'enracine profondément dans la réalité du pays et se différencie du saupoudrage superficiel que donne l'implantation d'activités industrielles cantonnées soit dans la transformation au stade final, soit dans le conditionnement ou l'assemblage d'éléments dont la production est le fait d'une économie étrangère.

 

D'autre part, une industrialisation visant à l'émergence d'un secteur productif nouveau, appelé à prendre une part importante et déterminante dans la formation du revenu national, exige que ce secteur soit approvisionné de manière sûre et régulière pour ce qui concerne les produits vitaux nécessaires à son fonctionnement. Cette sécurité et cette régularité reposent sur la garantie qu'offre l'existence, dans le pays même de la source de fabrication de ces produits. Ainsi, les industries de base telles que la métallurgie, les fabrications mécaniques, électriques et électroniques, les constructions navales, la pétrochimie et la chimie des produits de vase jouent un rôle stratégique déterminant, puisqu'elles assurent l'indépendance de l'industrie nationale et partant, l'indépendance du pays tout court. Dans le même ordre d'idées, l'existence et la maîtrise de ces branches fondamentales de l'industrie comportent l'avantage capital de doter le payer des facteurs qui lui sont nécessaires pour assurer ses propres fabrications militaires et donner, ainsi, à sa défense nationale la base de son autonomie et de sa liberté d'action.

 

C'est pour toutes ces raisons qui commandent d'une manière fondamentale la réussite de la stratégie de développement du pays, que le Pouvoir révolutionnaire a décidé de doter l'Algérie des industries de base dont elle a besoin et de se faire de la création de ces industries l'un des objectifs prioritaires.

 

3 - Développer les industries de valorisation des matières premières qui apportent un soutien déterminant à la création des emplois.

 

Les gisements de gaz naturel représentent l'une des richesses fondamentales dont dispose l'Algérie. Les réserve renfermées dans ces gisements comptent parmi les plus grandes connues dans le monde. La valorisation de son gaz naturel constitue, pour l'Algérie, une source d'accumulation très importante. Rendre disponibles les sommes à engendrer par cette valorisation, c'est, par conséquent, susciter un moyen d'assurer le financement du développement du pays et édifier une base pour garantir l'indépendance financière de l'Etat.

 

Ce qui est vrai pour la valorisation du gaz naturel, l'est aussi pour les autres ressources naturelles, en particulier le pétrole brut et les minerais.

 

Aussi, est-il impérieux, pour la Révolution et pour l'Etat, d'assurer au maximum la valorisation de toutes les ressources dont dispose le pays et, à cet effet, de ne pas hésiter à paye tel prix que requiert une telle valorisation. Ce choix constitue un objectif stratégique de l'Etat. Les investissements nécessaires au transport du gaz naturel, à l'extraction du condensat qu'il contient et dont les réserves sont importantes, à sa livraison à travers des canalisations internationales ou à sa liquéfaction, phase indispensable pour rendre possible le transport du gaz par navire méthaniers, sont très lourds et exigent des capitaux énormes. Du reste, il en est de même pour toutes les industries destinées à la valorisation des matières premières.

 

En fait, il s'agit là d'une caractéristique essentielle de toute activité de production génératrice de revenus élevés. Les investissements ayant un haut niveau de rentabilité demandent, au départ, une mise de fonds qui réclame des capitaux considérables. Mais l'immobilisation de ces capitaux trouve, par la suite, une contrepartie largement satisfaisante dans les flux financiers que dégage l'exploitation des installations dont elle a permis la réalisation. Ce sont ces flux financiers qui sont à l'origine des capitaux qu'accumulent le Trésor public et les différents organismes économiques du pays et qui concourent à assurer et à renforcer l'indépendance financière de l'Etat.

 

En vérité, une politique d'industrialisation doit être appréciée dans sa globalité, au travers de toutes ses composantes et non être jugée sur un élément déterminé, pris isolément de l'ensemble que recouvre une telle politique. Considérée sous cet angle, l'industrialisation en Algérie comporte un large éventail d'actions destinées non seulement à susciter des emplois, mais aussi à situer ces emplois dans les régions qui figurent parmi les plus déshéritées du pays et qui sont les plus éloignées des centres urbains existant au moment de la colonisation.

 

4 - Mettre en œuvre toutes les possibilités de créer des industries légères.

 

Dans ses plans de développent, l'Algérie ne néglige aucune possibilité parmi les activités industrielles créatrices d'emplois.

 

En effet, parallèlement à la réalisation des industries de base, un programme qui couvre la plupart des branches des industries légères a été entamé et sera largement déployé dans le cadre de la poursuite de l'industrialisation.

 

Son exécution, qui sera intensifiée considérablement dans l'avenir, permettra au pays de disposer notamment d'une très large gamme de produits textiles, des dérivés de la pétrochimie, du bois et de la cellulose, de même qu'il permettra de satisfaire la presque totalité de la demande de la consommation pour les articles en cuir, en verre et en céramique ainsi que pour les objets divers de la quincaillerie, de l'électroménager et de l'électronique.

 

La fabrication des diverses pièces accessoires inhérentes aux grandes industries fait l'objet également de nombreux projets qui entrent en production, sont en chantier ou se trouvent au seuil de leur lancement.

 

Les matériaux nécessaires à la construction, les produits qui servent à la finition des bâtiments de toute nature, au même titre que les articles qui entrent dans l'équipement des logements et des locaux administratifs et sociaux, seront pratiquement fournis dans leur quasi-totalité par l'industrie nationale.

 

En corrélation avec les unités de production, et parfois en prolongement de ces unités, des entreprises de montage et de maintenance se constituent dans de nombreux domaines et contribuent à rendre plus dense le tissu industriel du pays.

 

D'autres filières seront encore initiées dans l'avenir pour diversifier davantage la gamme des industries légères installées dans le pays, de même que de nouvelles usines seront construites dans les branches déjà existantes afin d'augmenter la capacité de production pour répondre à l'accroissement des besoins qui s'amplifient avec la croissance démographique et l'amélioration du niveau de vie des masses.

 

Ainsi, l'Algérie va encore engager le maximum de projets qui concernent les industries de transformation et la fabrication des produits de consommation les plus divers et qui sont susceptibles d'être réalisés, en tablant sur la pleine utilisation de la capacité d'absorption du marché intérieur algérien et en se fixant comme objectif de satisfaire la plus large proportion de la demande en produits industriels.

 

Un effort particulier sera consacré pour stimuler les petites industries locales, notamment dans le cadre des entreprises de wilayas et de commune, afin, d'élargir le champ d'expansion des industries légères.

 

L'artisanat sera également encouragé, tant au niveau des entreprises socialistes et des coopératives agricole et des villages socialistes, que sur le plan de l'initiative privée individuelle afin de contribuer à la résorption du chômage et donner à l'économie une multitude d'objets et de produits utiles à la consommation.

 

5 - Créer les conditions nécessaires à l'indépendance technique de l'économie par l'accès à un niveau de plus en plus élevé de la technologie.

 

A) La signification des industries utilisant des technologies avancées.

 

La forme d'industrialisation du pays, de par son caractère global et intensif, inclut tout naturellement la réalisation des industries complexes comportant l'utilisation de technologies avancées. Ce choix répond aux considérations suivantes :

 

- l'option pour le socialisme dont la finalité vise à l'épanouissement de l'homme implique, parmi les objectifs assignés à l'industrialisation, la recherche de la promotion de l'homme par l'accès à tous les domaines où s'élabore le progrès. Autrement dit, par l'exercice des multiples tâches qui composent, à tous les niveaux l'activité industrielle, les Algériens sont en contact direct avec la vie moderne et avec les cellules de cette vie qui font le progrès. De ce fait, il est indispensable qu'ils s'ouvrent aux industries ayant un caractère technologique avancé qui doivent trouver leur place dans les programmes d'industrialisation de l'Algérie.

 

- l'économie algérienne est entrée aujourd'hui dans une phase de croissance dynamique et continue. Cette croissance se traduit par une forte poussée de la demande qui porte sur un éventail étendu de produits et d'équipements. ces produits et ces équipements prennent, de ce fait, une place déterminante pour le fonctionnement de l'économie. Il devient, dès lors, indispensable de donner au pays une certaine autonomie pour son approvisionnement en des produits tels les véhicules industriels, le matériel agricole, les engins de génie civil, les centraux téléphoniques, les produits issus des différentes filières de transformation de l'acier ou les produits chimiques élaborés, pour ne citer que quelques exemples. Touts ces produits, quand leur utilisation atteint un certain volume, tiennent une position telle, dans vitale que celle de l'acier ou des grands intermédiaires de la chimie.

 

D'autre part, en ce qui concerne l'acquisition de la technologie, ce sont les fabrications se déroulant suivant un processus élaboré et nécessitant un travail discontinu qui font appel à une intervention plus grande de l'homme, soit au niveau de l'outil de production, soit au niveau des bureaux d'études où s'exécutent les plans et où se confectionnent les schémas de réalisation. De ce fait, ces fabrication comportent le plus grand impact sur la formation et l'élévation du niveau technique des travailleurs.

 

En fait, les industries à haut niveau technologique, que leur effectif en main-d’œuvre soit important oui réduit, détiennent un rôle capital pour la promotion de l'homme.

 

Toutes ces raisons conduisent donc l'Algérie à développer sur son sol une gamme d'industries élaborées, qui se situent en aval des industries de base et en amont des industries de petite transformation ou à la lisière de la consommation directe.

 

Dans le cadre de cette politique de promotion technologique du pays, l'industrie nucléaire sera lancée en Algérie. C'est ainsi que des centrales nucléaires pour la production de l'énergie électrique seront réalisées en même temps que seront mis en valeur les gisements d'uranium du pays.

L'édification des centrales nucléaires donnera lieu à des aménagements appropriés au niveau des usines existantes ou bien à la création d'installations spécifiques, afin de donner des prolongements industriels à ces centrales qui baigneront ainsi dans un environnement technologique adéquat. En outre, des liaisons étroites seront établies avec les organismes concernés de la recherche scientifique en vue de mieux connaître la technologie nucléaire ainsi que pour étudier et adapter ses applications aux différents secteurs de l'activité du pays.

 

En plus de l'intérêt qui en découle du point de vue de l'approvisionnement en certains produits ou équipements et des acquis qui en résultent pour ce qui concerne la promotion scientifique et technique du pays, les industries à haut niveau technologique permettent de réduire la dépendance de l'industrie nationale et des autres activités vis-à-vis des économies étrangères.

 

B) A l'ère du néo-colonialisme, succède l'apparition d'un véritable colonialisme technologique qu'il faut combattre par la maîtrise de la technologie.

 

Une absence de cohérence dans l'approche du développement peut faire du développement lui-même une source de dépendances nouvelles, peut-être encore plus contraignantes que celles qui ont été léguées par le passé colonial. Ces dépendances proviennent des liens que créent la fourniture des pièces de rechange, l'assistance technique nécessaire à la maintenance des installations nouvellement acquises et la livraison des produits  semi-finis qui servent de base aux fabrications.

 

A ce sujet, il y a lieu d'observer qu'au fur et à mesure que les pays du Tiers-Monde avancent dans la conquête de leur émancipation économique, il se forme, au sein des pays développés, des tendances vers des modes nouveaux de domination.

 

On assiste depuis que les pays du Tiers-Monde ont commencé à prendre en main leurs richesses, à contrôler les structures de leurs économies et à maîtriser la fixation des prix de leurs produits, à l'apparition d'un nouveau type d'exploitation qui prend l'aspect d'un véritable colonialisme technologique.

 

Ce colonialisme technologique consiste, pour les pays développés, à maintenir à leur profit l'exclusivité qu'ils détiennent actuellement sur la technologie pour renchérir, dans les proportions les plus déraisonnables, le coût du développement pour les pays du Tiers-Monde, quand ces pays manifestent la volonté de faire accomplir à leur économie ne progression et une émancipation allant au-delà du degré de tolérance admis par les tenants

des économies dominantes. Faute, pour ces derniers, d'empêcher le développement ou d'en contrôler l'orientation et le rythme, il cherchent à le ralentir sinon à le bloquer, en provoquant et en organisant le renchérissement de son coût.

 

Les renchérissements qui affectent ainsi les coûts du développement se situent, moins au niveau de l'achat des équipements ou de la construction des installations industrielles, qu'au plan des multiples servitudes imposées pour assurer la bonne marche de la production, la rentabilisation des investissements qui ont servi à réaliser les usines étant liée au fonctionnement régulier de ces dernières.

 

Ces servitudes proviennent de la nécessité d'acquérir, auprès des pays développés, ce que ces derniers appellent leur connaissances techniques et leur «savoir-faire» industriel.

 

Les industries mécaniques, électriques et électronique, la transformation et l'affinement des produits sidérurgiques en aval de la production de l'acier brut, la pétrochimie qui prolonge l'obtention des grands intermédiaires de la chimie, permettent de supprimer ces dépendances ou, à défaut, aident à les surmonter et à les réduire. Les équipes de techniciens ainsi que le personnel qualifié, qui se constituent dans le sillage de ces industries, préparent le pays à assumer des responsabilités de plus en plus larges au plan des études, dans le domaine de la conception des projets et en matière de gestion technique des installations, créant de cette façon les conditions de l'indépendance technologique.

 

C) Le développement de l'engineering national permet d'accéder à un stade supérieur dans la maîtrise de la technologie

 

Le recours intensif aux services des entreprises étrangères pour la réalisation des projets de développement est le reflet de la faiblesse qui affecte encore le pays sur le plan de la possession des moyens et de la maîtrise des techniques de l'engineering. La solution correcte et adéquate des multiples problèmes posés par le choix des formules contractuelles liant les entreprises nationales aux sociétés étrangères et par leur exécution réside, par conséquent, dans la constitution, au sein même du pays, de moyens nationaux pour mener les études, concevoir et mettre en œuvre les projets ainsi que pour parvenir, plus tard, à la capacité d'élaborer et d'améliorer soi-même les techniques de production, c'est-à-dire l’accès à l'engineering et à la maîtrise de la technologie.

 

Leurs auteurs des études et de tous les travaux qui ont servi à la conception et à la construction d'un ouvrage ou qui ont été utilisés pour la mise au point des méthodes de fabrication, demeurent ceux qui gardent la meilleure connaissance de ce qu'ils ont contribué à réaliser.

 

La formation de l'engineering et des moyens de réalisation nationaux peut être obtenue selon des méthodes diverses, afin de s'adapter aux différents cas de situation qui s'imposent. En particulier, il convient de faire en sorte que le concours des entreprises étrangères soit utilisé de manière à créer les conditions de sa diminution et de son dépassement.

 

En attendant le plein épanouissement de l'engineering national, qui permettra la maîtrise de la technologie et l'accès à la créativité technique, une attention particulière doit être accordée aux formules contractuelles qui lient les organismes nationaux à leurs partenaires étrangers. Ces formules doivent traduire en termes juridiques les méthodes rigoureuses à mettre en œuvre pour amener le firmes étrangères à consentir un transfert affectif de leur technologie et de leur «savoir faire» industriel, à exécuter convenablement leurs obligations en matières de réalisation des ouvrages dont la construction leur est confiée et à ne pas reporter, sur leurs partenaires algériens, le risque qui doit demeurer le leur.

 

6 - Organiser la maintenance qui constitue une condition primordiale pour le bon fonctionnement de l'économie nationale et représente un facteur vital pour réduire la dépendance vis-à-vis de l'extérieur.

 

Il convient de prendre conscience que l'industrialisation, qui pose un terme les bases de l'émancipation économique, peut conduire, dans l'immédiat et si l'on n'y prend pas garde, à une forme de dépendance d'autant plus contraignante qu'elle met en cause des investissements considérables. Aussi, l'industrie doit-elle baigner dans un environnement adéquat pour vivre et prospérer. C'est à la formation de cet environnement que répond l'objectif de la globalisation et de l'intégration assigné à la politique d'industrialisation appliquée par l'Algérie. Les industries en cours de réalisation et destinées à la production des équipements permettront, grâce aux capacités de fabrication et d'études dont elles seront pourvues, de réunir dans le pays les conditions nécessaires pour se libérer des contraintes consécutives à l'acquisition d'équipements étrangers.

 

Dans l'immédiat, il est impératif d'établir, en Algérie, au sein de chaque grande entreprise nationale ou bien dans un cadre commun à plusieurs entreprises, des installations et des services destinés à assurer la maintenance des équipements, des machines et des engins qui composent le parc industriel du pays.

 

7 -  Réaliser une nouvelle ceinture industrielle sur les pleines des Hauts-Plateaux et sur les confins des Atlas Tellien et Saharien pour contribuer à l'équilibre régional et former un apport déterminant à la valorisation du territoire.

 

Parallèlement à la réalisation du barrage vert et aux actions d'envergure prévues pour irriguer et valoriser, sur le plan agricole, les grandes étendues des Hauts-Plateaux et d'importantes zones sahariennes, une série d'unités industrielles comportant des complexes d'une grande dimension seront réalisées le long d'une ligne Ouest-Est allant de Maghnia à Tébessa et passant par Tiaret, Ain-Ouessara, M'Sila Barika et Batna, avec des implantations poussant jusqu'à Biskra, Djelfa, Laghouat et Béchar.

 

La création de cette nouvelle ceinture industrielle, outre qu'elle donnera des milliers d'emplois pour l'absorption de la main-d’œuvre et la résorption du chômage, va induire une série d'actions complémentaires dans tous les domaines, notamment en ce qui concerne la formation des hommes, l'infrastructure et les équipements sociaux.

 

Des industries seront créées dans la majeure partie des chefs-lieux de daira et s'ajouteront aux grands travaux d'aménagement agricoles et hydrauliques ainsi qu'à la construction de nouveaux axes ferroviaires et routiers. Il se formera ainsi, sur les hauts-plateaux, une nouvelle ceinture industrielle qui s'inscrit dans le cadre de la grande œuvre révolutionnaire pour valoriser le territoire et pour transformer radicalement la physionomie du pays, en étendant, au delà des deux atlas, les limites de l'Algérie utile et moderne. L'image de l'Algérie coloniale qui s'était installée sur le littoral et tournait le dos au pays sera, de cette manière, définitivement effacée. La colonisation s'était servie des zones fertiles et faciles d'accès pour bâtir sa prospérité. L'Algérie indépendante et socialiste utilise les ressources des régions que la nature a avantageusement dotées afin de valoriser les régions qu'elle a moins favorisées et de construire un pays équilibré, formant un ensemble économiquement viable et solidaire.

 

En définitive, il s'agit d'étendre l'industrialisation aux compagnes et d'en faire un moyen destiné à endiguer l'afflux des populations vers les villes, ainsi qu'un facteur contribuant à introduire le progrès dans les zones rurales, et à éviter par la même occasion que ce progrès soit dégradé

dans les villes.

 

III. - LA MISE EN VALEUR DES RESSOURCES HYDRAULIQUES DU PAYS

 

Les ressources en eau de l'Algérie, aussi bien celles qui coulent en surface que celles renfermées dans les nappes souterraines, constituent l'une des principales richesses sur lesquelles reposent la prospérité du pays dans l'avenir, ainsi que la réussite de son développement économique et social. Ce développement appelle, par ailleurs, un accroissement considérable des disponibilités en eau pour répondre aussi bien aux  besoins de la population que pour satisfaire ceux de l'activité économique. En outre, il contient de noter que l'augmentation de la consommation d'eau constitue l'une des marques par lesquelles se manifeste l'amélioration des conditions de vie. Aussi, le règlement du problème de l'eau à travers le territoire est-il l'une des conditions fondamentales que l'Etat doit créer pour assurer la progression continue du développement. En particulier, l'action de l'Etat dans ce domaine doit aboutir à régler de façon satisfaisante la question de l'alimentation en eau de la population dans l'ensemble du pays.

 

Cependant, la dimension prise par le problème de l'eau, en raison autant des exigences du développement, de l'amélioration du niveau de vie des masses populaires, que de l'importance des investissements nécessaires pour régler ce problème, implique que la population soit sensibilisée à tout ce qui concerne l'eau et en particulier à sa conservation, à la lutte contre sa pollution et contre son gaspillage.

 

A l'heure actuelle, moins de 10% des eaux de ruissellement du pays sont captées et utilisées, tandis que les eaux souterraines sont à peine entamées. En outre, la connaissance des ressources en eau du pays implique, pour la politique hydraulique de l'Eta, une mise à jour constante du recensement et de l'évaluation de ces ressources.

 

L'irrigation des terres agricoles et celle des superficies nouvelles à gagner pour l'agriculture, au même titre que la réalisation des projets industriels et l'aménagement des agglomérations urbaines et rurales, supposent la mise en œuvre d'un effort gigantesque pour la récupération des eaux de ruissellement et l'utilisation des nappes souterraines sans oublier la régénération des eaux usées. A cet effet, il faut se fixer comme objectifs:

 

1) De porter, dans les limites de la période prévue pour l'irrigation des 800.000 ha nouveaux, à plus de 40% la captation des eaux de ruissellement et de mettre en œuvre un programme complet et harmonieux de mise en valeur des ressources hydrauliques du sous-sol, tout particulièrement dans les régions sahariennes. Dans le cadre de cet effort, une cinquantaine de barrages importants seront édifiés, tandis qu'en aval de ces barrages et des puits qui seront forés, des réseaux appropriés seront mis en place pour les besoins de l'irrigation ainsi que pour la desserte en eau des agglomérations urbaines et rurales et des zones industrielles.

 

2) D'intensifier et d'étendre la petite hydraulique par des travaux qui seront entrepris et exécutés afin de pousser au maximum la récupération et l'utilisation des eaux de ruissellement et des nappes aquifères.

 

Ces travaux seront notamment menés dans le cadre des actions d'équipement local, en particulier celles qui entrent dans la composition des plans communaux, de même que les exploitations agricoles du secteur socialiste et les paysans privés seront invités et encouragés a valoriser leurs terres par des opérations d'irrigation individuelles ou collectives à réaliser sur leurs parcelles cultivables. Les régions steppiques et sahariennes bénéficieront de mesures adéquates tendant à les doter des équipements hydrauliques nécessaires pour assurer le succès des opérations de pastoralisme de la révolution agraire, et pour aider à l'extension des activités agricoles de ces régions.

 

3) De prévoir systématiquement, pour les unités industrielles qui seront nouvellement créées, des installations appropriées pour le recyclage des eaux qu'elles auront à utiliser ou pour le traitement des eaux qu'elles devront évacuer et de doter d'installations similaires les unités déjà en activité.

 

4) D'engager une action de régénération des eaux usées provenant des agglomérations urbaines, en particulier des grandes villes et des zones industrielles, afin de récupérer, pour l'économie, de grandes quantités d'eau qui sont actuellement rejetées sans aucune utilisation.

 

Par l'activation de ses potentialités agricoles et par la mise en valeur de ces ressources hydrauliques, le territoire algérien constitue, par lui-même, une base et une source de richesses et de prospérité pour l'économie du pays. Les régions sahariennes ne sont pas les moins prometteuses parmi les provinces du pays. Contrairement à l'idée communément admise actuellement en raison de l'impact financier de l'exploitation des hydrocarbures, la véritable richesse que recèle le Sahara ,e réside pas seulement dans le pétrole et le gaz renfermés dans son sous-sol, mais aussi et surtout dans les perspectives qu'il ouvre, dans l'avenir, pour l'agriculture et partant, pour l'implantation de l'homme qui pourra ainsi y faire fructifier les résultats de son travail et de son ingéniosité.

 

A cet égard, les zones sahariennes sont particulièrement propices pour l'élevage, notamment celui des bovins qui peut donner naissance à une agriculture nouvelle, moderne et industrialisée,. L'Algérie détient ainsi un atout appréciable qui peut faire d'elle un pays exportateur de viande.

 

Au moment où, dans le monde occidental, des moyens financiers, techniques et humains sont mobilisés à une échelle considérable pour précipiter le déclassement économique des hydrocarbures existant dans les pays du Tiers-Monde, le peuple algérien se mobilise pour la mise en valeur de ses richesses véritables : l'homme algérien et son sol. Les richesses en pétrole et en gaz, qui servent actuellement de point d'appui aux actions de développement, n'auront de sens et ne recevront la consécration historique à la justification de leur exploitation que si elles servent à faire émerger la richesse qui réside dans le travail de l'homme et dans la valorisation du territoire.

 

IV. - L'INFRASTRUCTURE ECONOMIQUE

 

L'infrastructure héritée de la période coloniale s'avère non seulement très insuffisante, mais notablement étriquée et inadéquate. Conçue à l'usage de la population colonisatrice d'origine européenne, elle a été installée suivant l'implantation de cette population et dimensionnée à la mesure de ses besoins et des nécessités militaires de l'occupation.

 

L'expansion de l'agriculture et le développement de l'industrialisation ne peuvent se faire sans la mise en place, à travers le pays, d'une infrastructure adéquate, qui constitue une nécessité primordiale pour assurer la logistique qu'exigent les activités de production et de développement de tous les secteurs de l'économie.

 

En fait, les objectifs grandioses que s'est la révolution algérienne pour la construction d'une nation moderne et l'édification d'une économie indépendante et prospère supposent la réalisation d'un gigantesque programme couvrant toutes les parties de l'infrastructure. Bien plus, seule la réalisation de ce programme est en mesure d'éliminer tous les goulots d'étranglement qui entravent le développement et qui représentent la séquelle la plus profonde léguée par le sous-développement colonial.

 

Une économie moderne et industrialisée nécessite de grands ports pour ses échanges avec l'extérieur, ces échanges étant caractérisés par un mouvement de marchandises ayant une composition radicalement différente de celle qui portait essentiellement sur ce qui était appelé auparavant les denrées coloniales. Il s'agit de recevoir des équipements lourds et complexes et d'expédier de plus en plus des produits élaborés dont le volume et la variété demandent des installations modernes de manutention et de stockage.

 

A l'intérieur du pays, la circulation, prenant une intensité grandissante avec le développement, rend indispensable la construction de grands axes de communications ferroviaires et routiers, tandis que la fourniture de l'énergie, soubassement primordial pour l'économie et le progrès social, implique que le pays tout entier couvert par un réseau très dense pour la distribution de l'électricité, du gaz et des carburants liquides. Par ailleurs, la circulation de l'information est devenue d'une importance tellement vitale pour la vie économique, sociale et culturelle que l'existence d'un système de communication postales, téléphoniques constitue l'une des conditions fondamentales qui doivent accompagner, sinon précéder, le développement.

 

Enfin, la construction d'une Algérie moderne et l'édification socialiste impliquent une infrastructure harmonieusement répartie sur l'ensemble du territoire, visant en particulier à désenclaver celles des régions de ce territoire qui ne sont pas encore ou sont insuffisamment pénétrées par la vie moderne.

 

C'est dans ce but qu'un programme d'investissement et de grands travaux sera exécuté et portera sur les points suivants :

 

1 - Moderniser et étendre le réseau ferroviaire par :

 

A) le doublement des lignes principales, et la reconversion en voie normale de certaines voies étroites actuelles;

B) la construction d'un deuxième axe est-ouest, à travers les hauts plateaux;

C) la pose de plusieurs voies secondaires pour assurer la liaison des grands ports maritimes avec l'arrière pays et permettre la desserte des pôles industriels implantés dans le cadre de l'industrialisation;

D) le raccordement des champs pétrolifères du Sahara au réseau ferroviaire national par le construction des voie ferrées devant relier Touggourt à Hassi Messaoud et à Ghardaia et Djelfa;

E) la réalisation de la voie ferrée, qui en raccordant sur plus de 1.500 km, la mine de fer de Gara Djebilet au complexe sidérurgique de l'ouest, permettra la mise en place d'un axe qui donnera une armature solide au développement de la partie occidentale du pays sur toute son étendue Nord-Sud.

 

2 - Renforcer et étendre l'équipement portuaire et aérien du pays par :

 

A) la modernisation et l'extension des ports existants;

B) la construction, en plus de ceux qui sont en cours de réalisation, de trois nouveaux grands ports implantés respectivement dans les régions est, centre et ouest du pays;

C) l'extension du réseau aérien intérieur grâce au renforcement des lignes existantes, à l'ouverture de nouvelles lignes et à la construction d'aérodromes nouveaux dans les régions qui ne sont pas encore desservies par l'avion.

 

3 - Développer le réseau routier :

 

A) en le modernisant de manière à le situer au niveau des exigences du développement national et en intensifiant sa densification de manière à faire pénétrer la route dans tous les endroits où existent des centres de vie et d'activités économique; ce qui permettra, en particulier, de désenclaver les massifs montagneux et de mettre la population, dans chaque village, en état de communiquer avec le reste du pays;

B) en construisant des autoroutes comportant, sur toute l'étendue Est Ouest du territoire, un premier axe traversant la partie nord du pays, puis un second axe traversant les hauts plateaux et devant, en particulier, relier entre eux les nouveaux centres de développement en cours de réalisation ou qui sont projetés dans cette région; ces deux grands axes auront à s'articuler sur des branches nord-sud afin d'assurer une bonne cohérence dans le système des liaisons routières du pays;

 C) en réalisant, suivant, l'exemple de la route transsaharienne en cours de construction, des voies de pénétration en profondeur à travers le Sahara, établissant des liaisons avec les pays africains limitrophes.

 

4 - Doter l'Algérie :

  • D'une flotte maritime qui constitue un soutien logistique essentiel à l'expansion et à l'indépendance du commerce extérieur, et qui doit aider à la solution du problème des transports intérieurs par le développement du cabotage;
  • D'une flotte aérienne nécessaire pour le renforcement des relations avec l'étranger et indispensable pour la mise en œuvre de la politique d'ouverture de l'Algérie sur tous les pays, en particulier ceux du monde arabe et de l'Afrique.

 

5 - Améliorer les transports terrestres et en particulier, doter les grandes villes des moyens nécessaires pour une meilleure organisation des transports urbains, mettre l'accent sur le règlement du problème du transport des travailleurs entre leur domicile et leur lieu de travail, et renforcer les services de transport desservant les campagnes, tout spécialement dans les zones encore isolées ou d'accès difficile.

 

6 - Renforcer l'infrastructure commerciale à travers le pays, améliorer le système de distribution et de stockage, et accroître les performances du commerce extérieur.

 

La solution des problèmes de la distribution et du stockage, notamment en ce qui concerne les produits de première nécessité, les produits destinés d'une façon générale à la consommation des masses et les produits et demi-produits demandés par le fonctionnement de l'économie, doit être recherchée d'une manière pressante et faire l'objet d'améliorations continues. Elle constitue un élément important de l'action visant à faire disparaître les difficultés que rencontrent les citoyens dans leur vie quotidienne. Elle postule, à cet effet, que disparaissent définitivement, les goulots d'étranglement et les obstacles qui créent parfois, en certains points du territoire, des pénuries artificielles, alors que les produits recherchés se trouvent largement disponibles dans l'économie. Aussi, les entreprises socialistes devront-elles développer leur infrastructure commerciale de manière à organiser convenablement la distribution de gros, à aboutir à l'élimination définitive des intermédiaires et des grossistes privés, et à assurer de façon suffisante et régulière, l'approvisionnement de la population et des activités économiques du pays. A cet effet, les entreprises de wilayas et d'APC pourront tenir une place importante dans cette infrastructure commerciale. Il conviendra également de donner, dans ce domaine, une impulsion et une extension au secteur coopératif.

 

Par ailleurs, l'action de l'Etat à travers l'intervention des entreprises socialistes nationales et celle des entreprises de wilayas et d'APC, se manifestera dans le commerce de détail, notamment pour aider à la solution de la distribution dans les zones mal desservies et pour constituer un point d'appui solide à la lutte contre la spéculation, et au contrôle des prix.

Dans cet ordre d'idées, les magasins à grande surface devront être multipliés et implantés judicieusement. En outre, la solution satisfaisante des problèmes de la distribution implique, de manière constante leur suivi de l'évolution et la connaissance de la demande, en vue d'adapter, par des formules appropriées l'offre aux besoins qui apparaissent au sein de l'économie.

 

Pour ce qui est des échanges avec l'extérieur, il s'agit d'intensifier et de valoriser davantage les exportations, après satisfaction des besoins intérieurs, et de rechercher, pour les approvisionnements les meilleures sources en ce qui concerne la qualité, les prix, la régularité des livraisons et les conditions de paiement.

 

7 - Etendre et renforcer la production et la distribution de l'énergie par :

 

A) la construction de nouvelles centrales électriques, certaines de ces centrales devant être implantées à l'intérieur du territoire;

B) la réalisation de centrales nucléaire pour la production de l'énergie électrique;

C) la mise en place de nouvelles lignes de transport à haute tension de l'énergie électrique, ce qui permettra en particulier d'assurer la desserte en énergie des pôles industriels nouvellement créés à l'intérieur du pays;

D) l'achèvement et la ramification des canalisations de distribution de gaz naturel;

E) la généralisation de l'électrification domestique à travers tout le territoire avec comme objectif d'introduire l'électricité dans la totalité des foyers algériens avant la fin de la prochaine décennie;

F) la promotion de la recherche et éventuellement, la mise en œuvre de nouvelles formes d'énergie de manière à préparer le pays au dépassement des sources d'énergie dont il dispose aujourd'hui. A cet égard réserver une attention spéciale au développement de l'énergie solaire dont l'avènement et la maîtrise pourraient permettre dans l'avenir de contribuer à la couverture des besoins en énergie du pays et à la réalisation de l'autonomie énergétique de certaines de ses régions.

 

8 - Moderniser, étendre et généraliser le système des télécommunications à travers tout le territoire.

 

On ne saurait concevoir la vie et le fonctionnement de l'économie dans un pays moderne sans l'existence de moyens de pouvoir communiquer rapidement et a tout moment, non seulement avec n'importe quel point du pays, mais aussi avec l'extérieur. C'est dans ce but qu'il est nécessaire de pourvoir le pays d'un réseau de télécommunications moderne, faisant appel aux techniques les plus avancées et visant, en particulier, à généraliser l'installation du téléphone automatique, y compris dans les plus petites localités et à apprêter des lignes spécialisées permettant d'étendre l'usage du télex et des liaisons informatiques entre les différents centres économiques du pays.

 

Le réseau postal sera élargi et modernisé, tandis que l'ouverture d'agences des P et T sera étendue et visera en priorité à pourvoir les localités rurales et isolées.

 

9 - Faire de la capitale un symbole de la souveraineté nationale restaurée et une grande métropole économique d'un pays en plein développement.

 

Alger est devenue une gigantesque agglomération urbaine qui regroupe plus du deuxième de la population algérienne et atteint ainsi les limites d'une croissance qu'il serait dangereux de dépasser, sans risquer de déséquilibrer le développement du pays. Durant la période coloniale, la ville d'Alger était reléguée au rang d'une ville provinciale de second ordre. Elle s'est trouvée privée ainsi de l'infrastructure qui lui aurait permis de faire face aux activités, aux obligations et aux contraintes qui caractérisent la capitale politique et économique d'un Etat et en même temps, d'assurer convenablement l'accueil du surplus de population que lui attire son nouveau rôle depuis l'indépendance.

 

Aussi, une vaste plan sera-t-il mis en œuvre en vue de rénover et de développer la ville d'Alger dans le cadre d'un aménagement qui englobera également les agglomérations voisines et l'ensemble de la zone environnante.

Les idées directrices de ce plan seront axées sur la sauvegarde du site de la ville, sur la préservation des terres agricoles, sur la réalisation d'un réseau de communications vaste et judicieusement réparti pour faciliter la circulation et enfin, sur la construction des édifices et des ensembles nécessaires pour abriter les institutions de l'Etat et pour servir de siège aux activités économiques, sociales et culturelles du pays. Une place particulière sera réservée aux problèmes du logement qui seront étudiés et règles en fonction de la répartition des centres d'activités, afin de faciliter, pour le personnel, les liaisons entre le domicile et le lieu de travail.

Alger revêtira ainsi un visage digne de sa position de capitale politique de l'Algérie nouvelle et de métropole économique d'un pays résolument engagé dans l'édification du socialisme.

 

La politique de décentralisation appliquée dans la mise en œuvre du développement, permettra l'émergence de nouveaux pôles économiques à l'intérieur du territoire, ce qui permettra de détendre la pression qui s'exerce sur la capitale et de parvenir à un meilleur équilibre dans la répartition des centres d'animation de la vie économique, sociale et culturelle.

 

10 - Lutte contre la pollution et protection de l'environnement.

 

La mise en œuvre d'un développement accéléré, qui embrasse l'ensemble des secteurs d'activité du pays et déclenche une action multiforme qui atteint pratiquement toutes les parcelles du territoire national, pose le problème de la protection de l'environnement et de la lutte contre les nuisances qui accompagnent notamment l'émergence de centres urbanisés et d'activités à caractère industriel.

 

A cet effet, l'Etat, dans le cadre de la planification nationale, aura à édicter les mesures nécessaires et à organiser les actions requises pour préserver l'écologie du pays et pour prévenir ou éliminer tout phénomène nuisible à la santé et à la vie de la population.

 

Les collectivités locales, ainsi que l'ensemble des institutions économiques, sociales et culturelles du pays, auront à jouer un rôle de premier plan dans la mise en œuvre d'une politique de lutte contre la pollution et de protection de l'environnement politique qui doit être la préoccupation de tous les citoyens et ne pas être comprise comme relevant de la seule action de l'Etat.

 

V. - LES ATOUTS TOURISTIQUES DE L'ALGERIE

 

L'Algérie dispose d'une variété de potentialités dont la valorisation peut donner naissance à une industrie touristique étendue et prospère. Ces potentialités résident dans la beauté et la diversité des paysages que représentent les sites côtiers, montagneux et sahariens du territoire. Elles résident également dans les sources thermales dont les caractéristiques sont multiples, offrent ainsi de larges possibilités  d'application aussi bien sur le plan médical que du pion de vue de ce qui a trait à la recherche du repos et de la détente.

 

De nombreux, facteurs économiques militent, par ailleurs, en faveur de la mise en valeur rapide et étendue des potentialités touristiques de l'Algérie.

Il y a, d'abord, la mise au travail de la population active qui entraîne, comme corollaire, l'apparition, à une large échelle, des besoins sociaux en matière de détente.

 

Le repos est indispensable pour les travailleurs qui sont employés de manière continue dans la production et qui éprouvent le besoin de prendre des vacances, ce qui crée pour l'Etat la nécessité d'organiser les loisirs sociaux et d'offrir aux travailleurs, pendant leurs congés, des occupations saines et profitables pour leur santé.

 

D'autre part, l'expansion économique que connaît l'Algérie a engendré dans le pays un mouvement d'affaires très intense qui crée partout le problème des installations hôtelières nécessaires à l'hébergement de tous ceux qui sont amenés à se déplacer dans le cadre de leurs activités.

 

Par ailleurs, le tourisme international constitue non seulement un facteur pour la dynamisation de l'économie et une source de rentrée de devises, mais aussi un moyen d'ouverture sur le monde extérieur et de communication avec les autres peuples.

 

Ce sont toutes ces raisons qui ont amené le pouvoir révolutionnaire à lancer un grand programme de construction d'hôtels, de villages de vacances, de complexes touristiques et de stations thermales à travers le territoire mettant ainsi en valeur les atouts que possède le pays dans ce domaine. Des projets nombreux et analogues seront réalisés dans l'avenir. L'Algérie disposera de la sorte d'une infrastructure moderne, variée et largement répartie à travers le pays, s'adaptant de la sorte aux particularités saisonnières de ses grandes régions.

 

Les Algériens, particulièrement ceux qui ont le désir de découvrir et de connaître leur pays, pourront disposer partout de structures d'accueil appropriées. Des formules originales devront être recherchées pour assurer les conditions du développement d'un tourisme spécifiquement interne. Ces formules viendront d'ailleurs compléter l'action que doivent mener, dans ce domaine, les entreprises socialistes, et permettront l'expansion d'un tourisme de masse en faveur des nationaux. Les travailleurs et leurs familles trouveront ainsi la possibilité de bénéficier de loisirs adaptés à leurs conditions et mis à la portée de leurs moyens.

 

De plus, les activités liées au tourisme sont génératrices d'emplois nombreux et divers qui contribuent à la résorption du chômage et à l'élévation du niveau de vie des masses. Un certain encouragement devra être apporté à l'épargne privée pour l'inciter à s'intéresser largement aux activités qui sont liées au tourisme.

 

Orienté et développé, pour répondre aussi bien à un besoin national que pour permettre à l'Algérie de mettre en valeur, sur le pourtour de la méditerranée, ses traditions d'hospitalité et les potentialités de ses paysages et de son climat, le tourisme peut jouer, dans le domaine des échanges avec l'extérieur, un rôle de plus en plus appréciable, grâce aux devises qu'apportent au pays les touristes étrangers. A ce gain, il convient  'ajouter également celui qui résulte des économies en devises obtenues du fait que les conditions créées dans le pays amèneront beaucoup d'Algériens à passer leurs vacances dans leur pays.

 

Cependant, la mission dévolue au secteur touristique en Algérie de gagner des devises par la recherche d'une clientèle étrangère, demeure fixée dans les limites qui visent à préserver la société algérienne des inconvénients consécutifs à l'irruption des grands flux de touristes étrangers dans les pays en voie de développement.

 

VI. - LA POURSUITE D'UNE POLITIQUE DE PROGRES SOCIAL ET CULTUREL CONTINUE S'EFFECTUE CONJOINTEMENT AVEC L'EDIFICATION DE LA BASE MATERIELE DU SOCIALISME

 

L'importance accordée, dans le cadre de la stratégie de développement mise en œuvre par la révolution, aux objectifs destinés à jeter les fondations de l'économie et de sa croissance et à créer ainsi la base matérielle du socialisme, ne réduit nullement la place qui est réservée aux actions visant à améliorer les conditions de vie des masses et à favoriser la poursuite d'un progrès culturel et social continu. Bien au contraire, elle contribue à créer les moyens permettant de donner à ce progrès social et culturel collectif, l'impulsion nécessaire à son épanouissement.

 

1 - Les actions destinées à favoriser le progrès social et culturel.

 

La généralisation et la démocratisation de l'enseignement, l'accès du plus grand nombre de jeunes à l'enseignement technique et supérieur, la formation professionnelle des travailleurs, la création des conditions et des installations nécessaire à l'application du principe de la médecine gratuite, ainsi que le développement des loisirs et des activités sportives demeurent des objectifs prioritaires dans le cadre de la politique de développement du pays.

 

Les actions suivantes répondent à ces objectifs :

 

A) En ce qui concerne l'enseignement et la formation :

 

- Institution de l'école fondamentale de 9 ans qui prolongera la scolarité obligatoire jusqu'au brevet d'enseignement fondamental, ce qui permettra à terme de régler le problème posé par les occupation à donner aux jeunes qui quittent l'enseignement à la sortie de l'école primaire et n'ont pas encore l'âge de travailler. L'enseignement qui sera disposé à ce stade de scolarité sera organisé de telle sorte qu'il préparera et facilitera le passage dans les filière situées dans l'enseignement secondaire, en aval de l'école fondamentale.

 

- Lancement, selon les possibilités de la nation, d'un enseignement préscolaire, permettant de préparer les enfants à l'entrée dans l'école fondamentale et de contribuer à promouvoir l'aide de l'Etat à l'enfance.

- L'enseignement secondaire comportera des filières qui seront définies et diversifiées de manière à ouvrir un horizon de formation à tous les enfants sortant de l'école fondamentale, suivant leurs aptitudes et leurs goûts et en prenant en considération les besoins exprimés par l'économie.

Parmi ces filières celles préparant aux professions techniques et aux tâches d'encadrement moyen seront revalorisées et développées l'enseignement secondaire préparera au passage à l'enseignement supérieur. Les mesures nécessaires seront prises pour rendre de plus en plus élevé la proportion des élèves qui y accèderont.

 

- Construction d'universités et de centres universitaires, de manière à multiplier à travers le territoire les foyers de diffusion et de rayonnement de la science, de la culture et de la technique.

 

Particulièrement à la construction des université et à l'action permanente de mise à jour et d'aménagement des programmes d'enseignement pour les adapter au progrès et à l'évolution des besoins du pays, la recherche scientifique sera encouragée et organisée, en rapport avec le développement et avec l'algérianisation du corps professoral de l'Université et de l'encadrement de l'ensemble des branches d'activités du pays. Les programmes d'enseignements dispensés à l'université et dans les instituts d'études supérieures doivent consacrer une place de choix aux problèmes spécifiques du pays. En particulier, les programmes relatifs à l'enseignement doivent traiter de manière approfondie les problèmes propres à notre société et à notre développement. L'étude de ces problèmes sera menée sur la base des principes et des orientations définis par la Charte Nationale.

 

Les stages pratiques dans l'économie seront étendues et formeront désormais une composante majeure des programmes d'enseignement, tandis que le recyclage sera encouragé et pratiqué de plus en plus systématiquement pour permettre aux cadres d'actualiser leurs connaissances et de perfectionner leur formation.

 

Un effort particulier sera consacré à l'amélioration des conditions matérielles de vie des étudiants, en particulier, en ce qui concerne leur logement et tout spécialement leur logement dans les villes ayant une faible population.

 

- Lancement d'un vaste programme de formation ouvrière comportant la création d'un nombre considérable de centres de formation capables de sortir au minimum annuellement cent mille travailleurs qualifiés, de manière à pourvoir l'économie de la main-d’œuvre techniquement formée qui lui est nécessaire et à donner aux travailleurs à la possibilité d'améliorer leurs revenus et d'élever leur conditions sociale.

 

- Mise en place obligatoire, au sein de chaque entreprise économique, sociale ou culturelle, d'une politique systématique et organisée de promotion interne qui permettra d'ouvrir des horizons larges aux travailleurs désireux d'élever le niveau de leurs connaissances, d'améliorer leurs qualifications professionnelles et d'acquérir les titres nécessaires à leur progression hiérarchique au sein de l'entreprise.

La promotion interne représente un axe important dans la mise en œuvre d'une politique systématique de formation au service des masses et constitue un complément éminemment positif à la lutte contre l'analphabétisme. Elle pourrait s'appuyer notamment sur le concours de l'université et des instituts de formation existant dans le pays.

 

- Accentuation des efforts tendant à l'algérianisation rapide du personnel enseignant à tous les stades afin que la formation de notre jeunesse devienne une mission assumée pleinement par des corps spécifiquement algériens.

 

B) Dans le domaine de la santé, l'Etat a la charge d'assurer la protection, la préservation et l'amélioration de la santé de toute la population. En outre, l'action de santé publique doit contribuer à la promotion de l'homme pour le préparer à progresser dans un monde émotionnel et socio-culturel en perpétuelle transformation.

 

Aussi, l'action de santé publique doit-elle être entendue comme étant un élément important du développement socio-économique du pays. A cet effet, cette action doit s'appliquer à l'individu comme à son milieu environnant.

 

La médecine gratuite constitue la base de l'action de santé publique en Algérie. Son application effective à l'échelle de l'ensemble de la population, implique l'extension et la répartition équitable des structures sanitaires à travers tout le territoire, en même temps qu'elle postule la réorganisation de la profession médicale et de la distribution des médicaments qui doivent être ainsi orientées essentiellement sur les problèmes sanitaires de la collectivité. Elle nécessite, par ailleurs, la poursuite de l'intensification des efforts considérables déjà entrepris, pour la formation médicale et paramédicale, la construction d'établissements hospitaliers, la production et l'approvisionnement en médicaments. Enfin, l'action de santé publique et plus spécialement l'application convenable et généralisée de la médecine gratuite, requièrent les mesures suivantes :

 

- L'augmentation de la construction des hôpitaux, des centres médico-sociaux et des laboratoires nécessaires dans tout le pays, en particulier dans les zones rurales et autour des nouveaux pôles de développement en voie de formation dans le sillage de l'expansion de l'agriculture, de l'industrialisation du renforcement de l'infrastructure et de la démultiplication des structures administratives, les établissements et les installations similaires existant actuellement dans les villes devant être étendus et multipliés, en rapport avec l'augmentation du nombre d'habitants de ces villes.

 

- La répartition adéquate du corps médical et paramédical, de manière à réaliser, sur l'ensemble du territoire, un encadrement sanitaire équilibré, en accordant une priorité particulière aux régions qui souffrent encore d'un sous-encadrement médical.

 

- L'accentuation de l'effort de formation des médecines et du personnel paramédical, avec comme objectif la norme d'un médecin pour deux mille habitants et, au minimum une équipe médicale par petite commune et par quartier pour les agglomérations urbaines, cette formation devant viser constamment à élever le niveau de sa qualité.

 

- Le développement de la protection maternelle et infantile, de l'hygiène scolaire, des actions relatives à la nutrition, de la médecine du travail, de la lutte contre les fléaux sociaux et de la médecine préventive, de manière à donner à l'action de santé publique, un contenu social de plus en plus prononcé.

 

- La mise en œuvre, dans le cadre de la médecine du travail, de structures spécialisées en rapport avec les problèmes nouveaux qui accompagnent le développement tels que les grandes brûlures ou les traumatismes consécutifs aux divers accidents du travail et les grandes maladies professionnelles spécifiques à certaines activités industrielles.

 

- L'intervention de l'Etat en faveur des handicapés physiques ou mentaux visant en particulier leur réhabilitation et leur réinsertion sociale, grâce à un enseignement et à une formation adaptés à leurs conditions spécifiques. Cette intervention doit s'attacher d'une manière particulière au cas des enfants, de façon à les préparer dès leur jeune âge, aux tâches qui leur sont accessibles. Par ailleurs, la législation devra prévoir dans la réglementation relative à la main-d’œuvre, des dispositions particulières en faveur des handicapés pour ce qui concerne les emplois qui leur sont adaptables. Des centres de formation professionnelle appropriés devront être créés pour l'usage spécifique des handicapés.

 

C) Sur le plan culturel :

 

- La couverture du territoire para le réseau télévisé sera parachevée, en même temps que sera créée une deuxième chaîne d'émission afin d'intensifier les programmes éducatifs et ceux destinés à la formation et à la vulgarisation des connaissances scientifiques et techniques.

- L'implantation des maisons de la culture sera généralisée à travers le pays et s'accompagnera des actions nécessaires pour vivifier notre culture nationale, pour encourager la créativité artistique et favoriser l'animation culturelle, ainsi que la diffusion du livre.

- Un effort particulier sera réservé aux masses paysannes pour mettre à leur disposition les moyens audio-visuels adéquats, pour aider à l'élévation de leur niveau culturel, de même que leur seront consacrées, dans le cadre des programmes radiodiffusés et télévisés, des émissions traitant de leurs problèmes spécifiques.

 

D) Dans le domaine des sports, une politique nouvelle et hardie sera mise en œuvre afin de donner à la jeunesse algérienne toutes les possibilités de faire épanouir ses potentialités physiques et morales.

 

Les maux tels que la malnutrition infligés par le colonialisme à notre société imposent qu'une attention particulière soit portée à la santé et au développement de notre jeunesse.

 

L'éducation physique de la jeunesse et du peuple en général est une condition nécessaire à l'entretien et à l'amélioration de la santé, au renforcement de la capacité de travail et, enfin, au relèvement de la puissance défensive de la Nation. A cet égard, c'est un principe du socialisme que l'éducation physique constitue un bien aussi indispensable que l'instruction et représente l'un des droits que l'Etat doit assurer aux citoyens, aux plus jeunes en particulier. La Révolution algérienne adopte pleinement ce principe et le mettra en œuvre progressivement en fonction des moyens du pays. Elle mènera, à cet effet, une politique systématique d'incitation à la pratique de sports.

 

Plus que par les avantages qu'il procure à l'individu, le sport favorise et développe des qualités morales telles que l'esprit d'équipe et de camaraderie, le sens de la solidarité et le goût des relations sociales. De la sorte, le sport, loin d'être une simple distraction, s'affirme, dans les conceptions modernes, comme une branche essentielle de toute politique de formation.

 

Pour toutes ces raisons, l'organisation des activités sportives deviendra une composante fondamentale de l'action tant pour la formation de la jeunesse que pour l'entretien et l'amélioration de sa santé.

 

A cet effet, des installations couvrant une large gamme des activités sportives feront partie, de plus en plus systématiquement, des établissements d'enseignement, tandis que les villes et les villages seront dotés de complexes multisports à l'échelle de leur importance. Les entreprises économiques et sociales seront encouragées à développer les activités sportives dans le cadre du développement de leurs activités sociales et de l'organisation des loisirs de leur personnel.

 

Un effort particulier sera consacré à la formation des moniteurs et des professeurs d'éducation physique, afin de donner à toutes les catégories d'activités sportives, l'encadrement qui leur est indispensable.

 

De la sorte, notre jeunesse se trouvera insérée dans un véritable réseau sportif à travers tout le pays et le sport prendra le caractère d'une activité de masse, utile individuellement et socialement.

 

Les investissements conséquents à consentir pour atteindre ces objectifs ne seront nullement perdus pour le pays car, non seulement ils entrent dans le cadre de la politique sociale de la révolution et de l'action tendant à faire émerger un homme nouveau au sein de notre société, mais, en outre, ils contribuent à renforcer et à revaloriser davantage le meilleur capital que possède la nation : sa jeunesse et sa population. L'immense effort entrepris par la révolution dans le domaine de la formation à tous les niveaux et sur le plan de la santé, trouvera ainsi son complément naturel qui permet de donner au développement du corps et à son entretien, la même importance que celle qui est attachée à l'épanouissement de l'esprit.

 

E) Loger dans les conditions décentes et selon les normes minima du confort moderne est un élément fondamental de l'amélioration du niveau de vie des masses. Au même degré que la faim, la maladie, l'ignorance et l'obscurantisme, le taudis, qui a pris, en Algérie, la forme des gourbis et des bidonvilles, est une image représentative de la misère. Aussi, la disparition des gourbis et des bidonvilles comptera-t-elle parmi les signes qui marqueront la victoire de la révolution contre la misère. C'est par cette approche que se définit la politique du pays en ce qui concerne l'habitat.

 

Pour résoudre ainsi la crise du logement et promouvoir des conditions de vie meilleures, une série d'actions seront engagées dans les domaines de l'habitat et de l'urbanisation.

 

En effet, l'augmentation du nombre de la population autant que les nécessités d'améliorer les conditions de vie des masses populaires rendent indispensables le lancement et l'exécution d'un grand programme de construction de logements.

 

La poursuite et l'intensification des efforts consacrés à la réalisation des villages socialistes de la révolution agraire permettront de couvrir les campagnes algériennes par un véritable quadrillage formé par ces villages. Les gourbis qui ont, pendant longtemps, représenté le symbole de la pauvreté dans nos campagnes, disparaîtront ainsi à tous jamais du paysage algérien.

 

Par ailleurs, la réalisation d'ensembles résidentiels dans le sillage des usines nouvellement construites aidera, de son côté, à réduire les difficultés de logements que connaissent les zones industrielles et permettra aux travailleurs de résider près de leur lieu de travail.

 

Cependant, c'est par le lancement à l'échelle de tout le pays, d'un programme intense de constructions et de rénovation de l'habitat que l'on pourra arriver au règlement définitif de la question du logement.

 

- Le niveau de production attendu pour la fin de la décennie en cours, en ce qui concerne les industries de matériaux de construction, permettra à l'Etat de lancer une politique audacieuse dans le domaine de l'habitat. Un vaste programme de construction sera entrepris pour atteindre, à partir du début de la décennie 1980, un rythme de réalisation se situant au niveau de cent mille logements par an. Ce rythme suivra, ensuite, une croissance annuelle de manière à assurer, à chaque famille algérienne, vers la prochaine décennie, un logis décent comportant les éléments essentiels du confort moderne. Ce programme mobilisera des moyens considérables et permettra de liquider définitivement les bidonvilles qui défigurent l'aspect de nos agglomérations urbaines. En outre, et ce n'est pas le moindre de ses avantages, il entraînera la création de dizaines de milliers d'emplois s'étendant sur une longue période et procurant ainsi des débouchés sûrs et permanents à une grande partie de la main-d’œuvre algérienne.

 

- Par ailleurs, l'Etat encouragera tout citoyen désireux de construire un logement individuel de le faire. A cet égard, il prendra les dispositions appropriées pour que chaque Algérien, qui serait désireux de construire un logement, puisse acquérir le lot de terrain nécessaire à l'abri de toute spéculation, obtenir, à des conditions favorables, un prêt pour financer les travaux de construction et, enfin, disposer des matériaux requis pour ces travaux.

 

Dans le même ordre d'idées, des dispositions seront arrêtées par l'Etat en vue de permettre à la population, et aux travailleurs en particulier, d'acquérir un logement en copropriété, notamment dans le cadre d'associations de caractère coopératif ou de leur offrir des loyers compatibles avec leurs revenus et ne pesant pas lourdement sur leur pouvoir d'achat.

 

- Enfin, il y a lieu de souligner que l'Etat veillera à ce que les nouvelles constructions soient insérées dans des ensembles aménagés suivant des conceptions urbanistiques modernes et répondant aux exigences d'un environnement fondé sur le souci d'améliorer la qualité de la vie.

 

A cet effet, de vastes opérations de rénovation  seront entreprises dans les agglomérations urbaines et rurales, pour résoudre les problèmes de la vétusté qui caractérise certaines habitations et pour éliminer l'insalubrité qui règne dans beaucoup de quartiers.

 

Des équipements collectifs sous forme de centres commerciaux, d'installations médicales et sanitaires, de complexes pour les sports et les loisirs, d'espaces verts et de facilités pour les transports en commun seront introduits à la faveur de leur rénovation, au sein des agglomérations urbaines actuelles.

 

En attendant une solution finale, en ce qui concerne son statut, pour que soient fixées définitivement les conditions de sa gestion, de son entretien, de sa location et, éventuellement, de sa cession, le patrimoine immobilier formé par les biens de l'Etat sera réaménagé et bénéficiera, dans le cadre des opérations de rénovation, des mesures qui permettront d'assurer sa conservation.

 

Cependant, par ses dimensions comme par son objet, l'habitat, en plus des actions dont l'Etat assume la charge, demeure l'affaire de tous les citoyens, tant en ce qui concerne son développement que sa préservation et l'entretien de sa salubrité. Il importe donc, à cet effet, que le concours de tous, individuel ou collectif, s'associe à l'effort déployé par l'Etat et par les institutions qui s'y rattachent.

 

F) Accorder, dans le cadre de la politique sociale du pays, une attention de plus en plus soutenue aux personnes âgées ou handicapées ne disposant pas de revenus, de manière à les mettre à l'abri de la misère et à les soustraire à l'abandon, ce qui permettra de contribuer à l'élimination de toutes les causes de la mendicité.

 

2 - L'aide et l'intervention de l'Etat en faveur des enfants et des adolescents.

 

Le taux élevé de la croissance démographique en Algérie fait que la proportion des enfants et des jeunes adolescents qui n'ont pas encore atteint l'âge de travailler est élevée dans la composition de la population du pays. La prise en charge matérielle des frais relatifs à l'entretien, à l'éducation et à l'épanouissement culturel des enfants et des jeunes constitue l'un des problèmes majeurs auxquels est confrontée la Nation sur le plan social.

 

Jusqu'à présent, la participation de la collectivité à cette prise en charge a été assurée par le moyen du système des allocations familiales.

 

La prise en charge directe par l'Etat de tout ce qui concerne l'enseignement dont le droit est acquis à tous et à tous les niveaux, de la gratuité des soins et des livres scolaires ainsi que d'une aide alimentaire et vestimentaire à un grand nombre d'enfants, permet déjà de réduire le poids du fardeau que supportent les familles qui ont des enfants à élever.

 

Cependant, pour être préparé dans les meilleurs conditions possibles à assumer, dans l'avenir, son rôle de citoyen libre dans une société socialiste, l'enfant a, certes, besoin de vivre dans un foyer stable et heureux, de fréquenter l'école, le lycée et le technicum et d'être soigné convenablement; mais il a besoin aussi, pour s'épanouir pleinement, de vivre le plus souvent avec ses semblables et de se sentir, dès son jeune âge, membre d'une communauté nationale solidaire.

 

Par ailleurs, la perspective de réaliser le plein emploi de la population active du pays pose le problème des enfants et des adolescents, auxquels les parents ne sont plus en mesure de consacrer une grande part de leur temps en raison des nécessités du travail.

 

Aussi, une profonde réforme sociale sera entreprise et visera à la mise en œuvre par l'Etat d'une aide massive en faveur de l'enfance depuis le plus jeune âge, grâce à la réalisation, dans tout le pays et à la mesure des besoins requis par l'effectif des enfants et des adolescents, de crèche, de jardins d'enfants, de cantines, de foyers de jeunesse, de bibliothèques, de complexes sportifs et d'institutions culturelles, afin qu'en plus de l'instruction et de la formation, la jeunesse algérienne puisse bénéficier de loisirs sains et utiles et soit élevée dans un climat social imprégné de ses valeurs nationales. Des mesures appropriées seront également prises pour assurer à tous les enfants algériens un habillement correct ainsi qu'une surveillance continue de leur santé.

 

Une telle réforme n'implique en aucun cas une atteinte à la famille qui demeure la cellule vivante de la communauté nationale. Il ne s'agit nullement de séparer les enfants de leurs parents ou de les arracher à la douceur du milieu familial. L'objet de la réforme vise tout simplement à créer les moyens de soulager les journées des parents mobilisés dans leurs tâches quotidiennes, en procurant aux enfants tout ce qui peut compléter l'effort familial.

 

3 - L'intervention de l'Etat en faveur des moudjahidine, des veuves des enfants et des ascendants de chouhada et des autres ayants droit de chouhada.

 

L'Etat a déjà consacré des efforts considérables pour permettre aux moudjahidine de bénéficier de conditions de vie adéquates, et en particulier, pour leur reclassement dans le cadre de la fonction publique et leur intégration au sein des entreprises et unités des différents secteurs économiques, sociaux et culturels. De la même manière il a pris les mesures nécessaires pour assurer le soutien de la nation aux veuves, aux enfants, aux ascendants et autres ayants-droit de chouhada. Au fur et à mesure des progrès réalisés dans le développement du pays. L'Etat continuera à accorder une attention particulière à l'amélioration, par tous les moyens, des conditions de vie morales et matérielles des moudjahidine et de tous les ayants droit de chouhada.

 

4 - La répartition des bienfaits du développement et la sauvegarde du pouvoir d'achat des masses populaires.

 

La politique sociale de la révolution doit s'attacher, en particulier, à assurer une répartition juste et équitable des charges et des fruits du développement, en veillant à ce que les catégories encore défavorisées doivent les bénéficiaires en priorité des bienfaits de la croissance. Cela implique, en particulier, que l'accent sera mis sur la réduction, puis la disparition de l'écart séparant le niveau des villes de celui des campagnes, dans la mise en œuvre de la politique concernant la répartition du revenu national. Cela implique aussi que l'austérité s'applique d'abord aux consommation superflues et que les revenus ne connaissent pas une disparité au détriment du relèvement du niveau de vie des masses.

 

Par ailleurs, les mesures adéquates seront prises, chaque fois que cela s'avèrera nécessaire, pour que les produits et les biens qui sont à la base de la consommation des masses soient disponibles à des prix compatibles avec la sauvegarde du pouvoir d'achat des masses populaires et avec la nécessité d'assurer, à ces masses, une amélioration continue de leur niveau de vie.

 

Dans le même ordre d'idées, un effort particulier sera consacré à la recherche des extensions possibles du principes de la prise en charge par l'Etat de certaines consommation collectives afin de donner, au principe de la répartition équitable du revenu national, la plus large application.