Dernière mise à jour : Janvier 2018
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Titre 5 – La politique extérieure

 

La politique extérieure de l'Algérie est le reflet de sa politique intérieure. Elle vise fondamentalement à servir les intérêts supérieurs du peuple algérien et de sa Révolution en veillant aux impératifs de sécurité et de défense de la souveraineté nationale. Notre option pour une société socialiste fondée sur l'indépendance nationale, la justice sociale, l'égalité entre les citoyens, la promotion de l'homme et la lutte contre le sous-développement, détermine la conception de notre politique extérieure.

L'Algérie œuvre au renforcement de la solidarité dans la lutte contre le colonialisme, le néo-colonialisme et l'impérialisme. A cet effet, son action s'inscrit en faveur de l'appui inconditionnel des peuples en luttes pour leur libération nationale et pour le respect de l'exercice de leur droit à l'autodétermination et à l'indépendance de même qu'elle poursuit un combat inlassable pour un nouvel ordre économique dans le monde et des rapports internationaux garantissant le droit de tous les Etat de participer au règlement des grands problèmes de notre temps.

 

L'extension des forces socialistes et démocratiques dans le monde, le développement impétueux du mouvement de libération nationale, créent de plus en plus des conditions historiques favorables à la cause de l'indépendance nationale et de l'émancipation économique et sociale des peuples du Tiers-Monde.

 

Le recul de la guerre froide et les progrès accomplis par la détente internationale du fait notamment de «l'équilibre nucléaire», n'ont pas entraîné la paix et la sécurité pour tous.

 

C'est en Asie, en Afrique et en Amérique latine que se situent, de plus en plus, les guerres, les complots, les coups d'Etats organisés de l'extérieur et que les luttes les plus violentes sont menées pour assurer l'hégémonie sur la planète.

 

Le Tiers-Monde est devenu le lieu privilégié où éclatent et s'aiguisent les grands conflits du monde contemporain.

 

L'une des caractéristiques principales de notre époque réside dans la contradiction fondamentale entre, d'une part, les forces agressives de l'impérialisme et, d'autre part, le mouvement de libération des peuples du Tiers-Monde.

 

L'Algérie se félicite des progrès réalisés par la détente internationale qu'elle considère comme un élément  capital de l'évolution du monde vers le progrès et la paix. Elle ne saurait, cependant, accepter une interprétation restrictive qui limiterait la détente aux pays développés et vouerait le reste du monde, c'est-à-dire l'écrasante majorité de l'humanité, aux affres de l'exploitation, de l'insécurité et de la guerre.

 

Une coexistence pacifique qui n'engloberait pas tous les peuples, serait dangereuse et sans lendemain. Car il serait vain de parler de détente, si les tensions et les conflits, éliminés de certaines zones géographiques, devaient reprendre de plus belle, dans d'autres. La paix est indivisible. Elle doit être globale et concerne non seulement les rapports entre «les Grands», mais les rapports de ces derniers avec les petits pays.

 

La sécurité des peuples, l'établissement d'une paix durable sur des bases démocratiques ne peuvent être le résultat de concentrations entre grandes puissances, reflètent un rapport de force conjoncturel. Le règlement des problèmes internationaux de l'heure ne peut plus être le monopole de cercles fermés où des Etats, en nombre restreint, dicteraient leur volonté à l'ensemble du monde. Il implique une organisation démocratique des relations internationales et présuppose une volonté réelle de rajuster équitablement les rapports entre pays industrialisés et pays du Tiers-Monde.

 

La lutte des pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine pour leur libération politique, a trouvé, ces dernières années, son prolongement naturel dans le combat pour la libération économique. Le vaste mouvement d'émancipation des pays du Tiers-Monde a fait naître une contradiction importante entre pays sous-développés et pays industrialisés intéressés au maintien, par tous les moyens, de l'ordre économique international actuel.

 

La lutte pour l'établissement d'un ordre économique international nouveau est, à l'heure actuelle, une des tâches fondamentales de la lutte des peuples pour leur indépendance et leur émancipation économique et sociale. L'histoire de ces dernières années montre que le succès de cette lutte est conditionné par l'exercice d'une souveraineté pleine et entière sur les richesses naturelles. La nationalisation des ressources nationales et des moyens de leurs exploitations, est la condition nécessaire du tout développement autonome et de toute lutte conséquente contre le néo-colonialisme. Elle permet de tirer un juste profit des ressources du pays et de dégager les bases d'un processus de développement indépendant.

 

La lutte menée par les pays du Tiers-Monde pour la récupération de leurs richesses nationales débouche inévitablement sur la bataille pour la maîtrise de prix, et la dialectique de cette lutte nous apprend chaque jour, qu'elle ne peut être menée efficacement que par une action solidaire à l'échelle mondiale de tous les pays exploités.

 

Devant la gravité des problèmes auxquels ils sont confrontés, les pays du Tiers-Monde, par delà les différences de régimes politiques sentent la nécessité de s'organiser, d'unir leurs efforts pour constituer un front commun contre la politique d'exploitation et de pillage dont ils sont victimes. Le Tiers-Monde a pris conscience de sa force ainsi que des victoires qu'il pourra remporter grâce à une lutte solidaire. C'est là un fait politique nouveau qui revêt une importance capitale.

 

Les victoires des peuples du Tiers-Monde contre l'impérialisme, l'exploitation et les luttes d'influence constituent un élément déterminant dans l'évolution des rapports internationaux. Ces dernières années ont vu les pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine remporter des succès décisifs dans leur juste lutte pour l'indépendance nationale et l'émancipation économique et sociale. Les victoires des peuples d'Indochine, l'accession à l'indépendance des peuples africains sous domination portugaise, les progrès considérables réalisés par les peuples arabes et notamment le peuple palestinien dans la lutte contre le sionisme, les mesures révolutionnaires prises par les pays de l'O.P.E.P., la constitution d'associations de pays producteurs de matière premières, la récupération de leurs richesses nationales par de nombreux pays, montrent à l'évidence que l'élan émancipateur du Tiers-Monde constitue une force de plus en plus invincible, qui change chaque jour davantage la nature des relations internationales.

 

Pays du Tiers-Monde, l'Algérie est solidaire de tous les peuples d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine pour leur libération politique, la consolidation de leur indépendance et leur développement économique et social. Dans la mesure de ses moyens, elle ne ménagera aucun effort pour aider concrètement ceux qui combattent pour leur liberté. Elle prendra toutes initiatives susceptibles de mobiliser les forces des trois continents, dans une lutte solidaire autour d'objectifs communs, pour imposer le respect et la garantie des droits de leurs peuples.

 

Les moyens de pression variés et considérables déployés par l'impérialisme pour soumettre à ses intérêts, voire à sa stratégie, les pays autrefois colonisés, commandent de définir et d'adapter une plate-forme d'action appropriée et solidaire en vue de faire échec à toutes les entreprises de domination.

 

La solidarité de l'Algérie avec les pays du Tiers-Monde dans leur lutte émancipatrice tire son origine des hauts idéaux de liberté, d'indépendance et de lutte anti-impérialiste de la Révolution algérienne. Elle constitue une composante essentielle de notre politique extérieure et se situe dans le prolongement de notre option pour le non-alignement.

 

Né de la prise de conscience, des imperfections et des déséquilibres qui caractérisent le système des relations internationales, le mouvement des non-alignés se consolide d'une façon incessante. Par delà son engagement en faveur de la cause de la justice et de la paix, il permet aux petits pays d'assumer leur part de responsabilité dans la conduite des affaires internationales.

 

Le non-alignement est l'expression de notre volonté d'indépendance total, vis-à-vis de toute puissance étrangère. Il concrétise la détermination de la Révolution d'être libre de toute contrainte étrangère et de déterminer sa politique intérieure et extérieure en fonction des intérêts de notre peuple et des nobles idéaux qui guident son action sur le plan international. La politique de non-alignement constitue une base solide pour l'action solidaire de tous les pays du Tiers-Monde qui expriment leur volonté de lutter pour leur libération totale, leur émancipation politique et la défense de leurs intérêts économiques vis-à-vis de toute mainmise étrangère.

 

L'Organisation des Nations Unies constitue pour les pays non alignés un cadre adéquat dans lequel ils participent au renforcement de la sécurité dans le monde et à l'établissement d'un équilibre juste dans le système des relations internationales.

 

Le non-alignement est une ligne politique constante de l'Algérie. Cette politique est, sur le plan extérieur, l'expression la plus appropriée de la politique d'indépendance nationale.

 

Pays du Tiers-Monde, pays non-aligné, l'Algérie fait partie intégrante du monde arabe. De ce fait, elle situe son action dans le cadre d'une communauté de lutte et de destin avec les peuples arabes, accordant une place privilégiée à la consolidation des liens de fraternité qui l'unissent à ces derniers.

 

C'est dire que la libération de la Palestine est au centre de notre conscience et de nos préoccupations. Notre engagement total avec le peuple palestinien et les autres peuples arabes dont les territoires sont occupés, constitue pour nous, plus qu'un devoir de solidarité, un acte qui s'identifie avec notre propre libération. C'est la raison pour laquelle cet engagement est sans réserve et implique l'acceptation de tous les sacrifices, y compris celui du sang.

 

L'Algérie œuvre inlassablement pour l'unité arabe et croît en la possibilité de sa réalisation. A l'heure des grands ensembles, cette unité est devenue un impératif urgent de l'émancipation des peuples arabes. L'histoire des dernières années montre d'ailleurs que les événements évoluent en faveur d'une telle unité et que l'époque où elle apparaissait comme une simple fiction, est dépassée.

 

A cet égard, la Ligue arabe est un cadre favorable à la coopération entre les Etats membres. Depuis sa création, l'Organisation s'est attelée à renforcer les bases de la solidarité arabe et à élargir en son sein les champs d'intérêts communs, notamment dans les domaines culturel, économique et commercial. Seule, toutefois, la révision de sa Charte et la refonte de ses structures pourraient lui permettre de s'adapter aux exigences actuelles de la situation internationale et de jouer, du même coup, un rôle plus efficient dans la réalisation des aspirations des peuples arabes à l'unité et au progrès.

 

Cependant, pour être durable, l'unité ne sera ni le résultat de simples accords entre Gouvernements, ni encore moins, le produit de situation conjoncturelles.

Une telle approche, loin de faire avancer l'unité la retarde en engendrant de graves désillusions. De ce fait, ce sont les transformations économiques et sociales ainsi que les choix politiques qu'elles impliquent au niveau des masses, qui deviennent le facteur déterminant pour la réalisation de cette entreprise historique.

 

Le concept de l'unité revêt une importance vitale pour le devenir arabe. Aussi, les expériences réalisées dans ce domaine, doivent-elles être objectivement analysées en vue de dégager une conception à la fois juste et audacieuse de nature à promouvoir, là où les conditions sont mûres, des formules d'union, d'intégration ou de fusion susceptibles de répondre pleinement aux aspirations légitimes et profondes des peuples arabes.

 

Le monde arabe possède les potentialités nécessaires qui lui permettront de devenir l'une des régions économiquement les plus prospère, et par là, une force politique appréciable.

 

Le monde arabe a devant lui une chance historique. Il doit s'engager dans de grandes transformations économiques, culturelles, technologiques, former les cadres dont il a besoin, créer les conditions objectives de son émancipation totale. Le problème ne se pose pas en termes de moyens maintenant que nous contrôlons nos ressources dont le libre usage nous est acquis. Il s'agit essentiellement d'une question de choix et de volonté politique.

 

Il est évident que cette volonté doit tendre vers des objectifs concrets correspondant aux intérêts des masses populaires et qui constitueraient autant de pôles autour desquels viendraient se cristalliser les aspirations à l'unité.

 

Par delà les nuances politiques et les différences de conception, il nous faut dépasser certaines contingences et jeter les bases d'une situation irréversible en créant un faisceau d'actions communes dans tous les domaines et en favorisant une interpénétration des intérêts qui ira en s'approfondissant.

 

Sur un autre plan, le monde arabe occupe une place de choix au sein de la communauté des peuples musulmans. Des initiatives appropriées, pour peu qu'elles s'inscrivent dans le courant historique de l'émancipation des peuples, permettraient aux pays arabes de bénéficier d'une solidarité plus étendue et plus concrète. Elles permettraient, en même temps, d'affirmer le poids spécifique des pays musulmans dans le Tiers-Monde et sur la scène internationale.

 

Le Maghreb est partie intégrante du monde arabe. La réalisation de son unité renforcera le courant d'unité du monde arabe et accélérera son avènement.

 

Au niveau des Etats, l'expérience, des dernières années a montré que le renforcement des liens économiques, commerciaux et culturels, le développement de la coopération fondée sur la réciprocité des intérêts et les conditions spécifiques prévalant dans chaque pays, peuvent constituer dans l'étape actuelle, un moyen pour avancer dans la voie de l'édification du Maghreb arabe.

 

Cependant, par delà les intérêts des Etats, il faut construire le Maghreb des peuples. La population de ce vaste ensemble est fondamentalement unie par sa langue, sa religion, sa civilisation, ses modes de pensée, son histoire et sa vision de l'avenir. L'histoire récente nous montre que l'unité ne se réalise pas par des accords au sommet, mais se forge, à la base par la solidarité et l'action comme des masses populaires autour des mêmes objectifs.

 

L'Unité du Maghreb ne pourra se faire d'une manière sûre et durable que si elle est réalisée avec la participation des masses populaires et, en premier lieu, les travailleurs, les paysans, la jeunesse et tous les éléments patriotiques conséquents. Puisqu'elle ne peut avoir d'autres objectifs que le mieux-être de nos peuples, l'unité maghrébine devra viser, avant tout, à la libération des masses déshéritées et exploitées. C'est donc à une unité émancipatrice dirigée contre la misère et les inégalités, que nous devons militer, une unité qui fondrait en un seul mouvement historique les peuples de cette région, mobilisés pour la réalisation des idéaux d'un Maghreb uni, fort, prospère et progressiste. Une telle conception rejette toute approche de l'unité au profit d'une minorité de privilégiés qui trouverait, par ce biais, une occasion d'augmenter ses profits au déterminent des travailleurs. Cette conception est essentiellement démocratique car elle se propose la mise en commun de toutes nos potentialités pour en faire bénéficier chaque citoyen du Maghreb et, en premier lieu, les masses déshéritées. A cet égard, l'intégration économique du Maghreb ne peut se réaliser tant que subsistent dans cette région des conceptions et des structures économiques et sociales fondées non pas au profit des masses populaires, mais au service du capitalisme international et d'une poignée d'exploiteurs.

 

L'unité des Maghreb ainsi conçue sur la base de la libération des masses exploitées et au profit des peuples comportera, sur le plan pratique, des implications qui entraîneront des transformations profondes dans les structures des pays qui composent l'entité maghrébine.

 

Sur le plan économique, en particulier, une politique de développement homogène deviendra possible. Fondée sur les intérêts des masses populaires, cette politique unifiée conduira inéluctablement à l'entente de tous sur la nécessité d'éliminer l'exploitation capitaliste, d'assurer l'émancipation et l'indépendance économiques, vis-à-vis de l'extérieur, de promouvoir une politique de progrès social visant essentiellement à l'amélioration des conditions de vie des couches qui ont le plus souffert de l'exploitation. On pourra alors arriver aisément à concevoir l'ensemble du Maghreb comme un seul espace économique et y déployer une politique de développement et d'industrialisation obéissant à des lignes directrices qui ne laisseraient subsister aucun élément de déséquilibre entre les différentes régions. Les marchandises issues des divers secteurs économiques, quel que soit leur lieu de production, circuleront librement à l'intérieur de tout le marché maghrébin, sans risque de voir des produits obtenus par des moyens entièrement nationaux, se heurter à la concurrence de produits étrangers introduits sous l'étiquette des pseudo-fabrication locales qui servent généralement de couverture aux groupes impérialistes pour leur mainmise sur les marchés des pays en voie de développement.

De même seront éliminées les inégalités qui, affectent la rémunération des travailleurs, aboutissent à des disparités dans les prix et à des situations injustes dans les échanges.

L'expansion de l'économie, qui a pour assise le marché formé par les masses, ne servira plus à constituer des profits fabuleux au bénéfice des monopoles étrangers et à entretenir la prépondérance des couches privilégiées interne.

 

Pour toutes les régions du Maghreb, l'expansion de l'économie se fera alors à l'avantage exclusif des peuples et deviendra la source de l'accumulation au service d'une politique vouée à l'amélioration du sort des masses populaires et à leur promotion continue vers le progrès. Telles sont les conditions objectives d'une intégration économique orientée vers l'intérêt réel des peuples et répondant à leurs aspirations communes de solidarité et de justice sociale. Le concept de l'intégration économique du Maghreb s'avère ainsi comme étant inséparable de celui de l'unité des peuples.

 

L'unité des peuples est inscrite dans la perspective historique du Maghreb. Elle résultera tout naturellement de la dynamique du développement de nos pays et s'imposera dans la logique des faits.

 

La solidarité de l'Afrique avec les pays arabes dans leur lutte contre le sionisme, tout comme celle de ces derniers dans la lutte contre le colonialisme et l'apartheid, se sont forgées dans le combat et l'épreuve. Elle est fondée sur une juste appréciation de la communauté fondamentale de nos objectifs et de nos combats. Elle doit se renforcer dans les actions communes, qu'elles soient politiques ou économiques. Le maintien de cette solidarité est essentiel pour que les uns et les autres avancent efficacement dans la voie de l'indépendance et du progrès. L'Afrique et le monde arabe s'interpénètrent non seulement sur le plan géographique, mais par la communauté de leur intérêts majeurs.

 

L'Algérie, pays africain, inscrit sa politique extérieure dans le cadre de la solidarité africaine pour la libération politique, la promotion économique et sociale du continent. La libération totale de l'Afrique fait partie du combat du peuple algérien pour son indépendance et sa dignité. Cela signifie, pour nous, un engagement actif aux côtés des peuples africains qui lutte contre le colonialisme et la discrimination radicale comme aux côtés des pays du continent qui combattent pour leur développement et leur libération de l'emprise néo-colonialiste.

 

L'Algérie fait siennes toutes les causes justes de l'Afrique et se trouvera toujours à l'avant-garde de la lutte pour en assurer le triomphe.

L'orientation africaine de notre politique n'est pas un choix conjoncturel.

Elle découle de notre appartenance à l'Afrique, de notre sens de la dignité africaine et de la solidarité de combat de tous les peuples du continent.

 

Aussi, l'Algérie milite sans réserve pour la réalisation de l'unité africaine. Elle soutient toutes les mesures réalistes susceptibles de la faire avancer et toutes les initiatives capables de mobiliser les pays africains pour la concrétisation objectifs communs.

 

L'unité africaine n'est plus un mythe. Elle s'est imposée, de plus en plus, par l'établissement de plates-formes de combat dont la réalisation s'inscrit méthodiquement dans les faits. L'Afrique représente maintenant dans le monde une force politique considérable grâce au sentiment d'unité qui l'anime tout entière. Il s'agit, dans les années à venir, de consolider encore davantage cette force en donnant aux sentiments d'unité et de solidarité africaines un contenu de plus en plus concret qui devra notamment se matérialiser par des liens économiques, de plus en plus puissants, entre les différents pays du continent.

 

L'Organisation de l'unité africaine est un cadre indispensable pour la coordination des politiques africaines. Cette organisation a fait ses preuves dans l'action et a permis d'enregistrer de nombreux succès à l'actif de notre continent. Notre devoir est de consolider l'O.U.A., d'enrayer toute tentative de division et son sein, d'y fortifier l'esprit de solidarité et d'en faire l'instrument privilégié de l'unité de notre continent.

 

L'Algérie est un pays qui aspire à la paix. Elle veut développer ses relations d'amitié avec tous les pays du monde. Avec les pays industrialisés, elle cherchera à entretenir des relations amicales et fructueuses sur la base du respect de la souveraineté, de la non-immixtion dans les affaires intérieures, et de l'équilibre des intérêts.

 

Avec les pays socialistes, la politique de coopération ne cesse de se développer et de s'élargir dans tous les domaines. Le développement accéléré de l'Algérie donnera sans cesse à cette politique de nouvelles possibilités et ceci d'autant plus qu'elle est fondée sur une lutte commune contre le colonialisme, le néo-colonialisme et l'impérialisme. L'Algérie s'emploiera à renforcer encore davantage ses relations avec les pays socialistes sur une base amicale et l'équilibre des intérêts.

 

Sur un plan plus vaste, l'Algérie continuera à œuvrer résolument en faveur du renforcement de la solidarité entre les forces progressistes des pays du tiers-monde, les forces démocratiques des pays occidentaux et toutes les forces socialistes dans le monde.

 

Une action soutenue doit être menée en vue de créer les conditions d'une coopération internationale active, sur la base de la convergence des objectifs de libération politique, économique et sociale, poursuivie par les différents courants progressistes. Conformément à leur vocation, les pays socialistes notamment, pourront apporter à la promotion de cette entreprise, une contribution de poids et de qualité.

 

La coopération avec l'Europe peut prendre une envergure encore plus large pour peu que se confirme la tendance de certains pays européens à établir des relations d'un type nouveau, débarrassées des méthodes et des pratiques d'un passé totalement révolu. Conçue dans cet esprit, la coopération avec l'Europe pourrait ouvrir des perspectives prometteuses qui dépasseraient le cadre bilatéral pour acquérir une dimension d'une grande portée. Dans cette perspective, l'action au plan méditerranéen tendra à préciser les objectifs d'une coopération régionale et établir un cadre de solidarité avec les courants progressistes dans les pays d'Europe occidentale dont les positions anti-impérialistes sont clairement affirmées.

 

Les progrès considérables de l'économie mondiale, l'essor continu de la révolution scientifique comme le développement irrésistible des mouvements de libération nationale et sociale, créent sans cesse des situations nouvelles, des modes de pense nouveaux, des déséquilibres inédits, des processus en constante mutation.

 

C'est dans ce mode que nous devons inscrire notre action et imaginer de nouvelles formes de lutte. Là où la stagnation et l'immobilisme politique semblaient apparemment définitifs, les événements se sont brusquement accélérés sous les coups de boutoir des peuples qui ne reculent devant aucun sacrifice pour imposer leur vision de l'avenir.

 

Il est évident que les tenants des privilèges qui ont longtemps détourné à leur profit les richesses mondiales, ne désarmeront pas facilement. Il est à prévoir que leurs manœuvres ne cesseront pas et qu'ils utiliseront toute la gamme des moyens de pression pour tenter de récupérer une partie du terrain qu'ils ont déjà perdue.

 

C'est donc un combat de longue haleine que l'Algérie a entamé, un combat multiforme qui exige une volonté inébranlable et une lucidité sans faille. Ce combat doit être mené sur le plan externe aussi bien, que sur le plan interne. Car, à notre époque, ces deux plans évoluent de concret, et l'accroissement de nos efforts sur l'un ne peut être efficace sans des efforts préservant sur l'autre. Au delà des intérêts économiques qui conditionnent notre développement, c'est notre droit à l'existence qui est en jeu. La signification et les conséquences de nos efforts dépassent largement le cadre de nos seuls intérêts nationaux et de notre aire géographique. Par notre combat, nous contribuons à ouvrir la voie au monde de demain, un monde de dignité retrouvée, de liberté et de prospérité.